Société

Toulfé (Nord): des enseignants menacés et agressés par des hommes armés(constat)

Des enseignants du Collège d’enseignement Général(CEG) de Toulfé dans la commune de Titao (Nord) ont été violentés dans la soirée du lundi 12 novembre 2018 par quatre individus lourdement armés venus à bord de deux motos, appris radio Oméga de source locale.

” C’est aux environs de 16h qu’ils sont arrivés. Ils m’ont trouvé devant l’administration et ont fait appel aux mes 4 autres collègues  qui étaient en plein cours. Ils nous ont roués de coups à l’aide de cordelettes. Ensuite ils m’ont demandé si la grosse moto et l’ordinateur appartenaient à l’Etat et j’ai répondu par la négative “, a déclaré le directeur de l’établissement qui a reçu la visite des hommes armés.

Un message remis pour être transféré aux autorités

Après avoir roué de coups les enseignements, les assaillants ont laissé un message dont nous ignorons le contenu. “ Ils m’ont demandé à savoir quel bien appartient à l’État. Je leur ai répondu simplement  que l’État n’avait aucun bien dans l’établissement. Alors,  ils m’ont remis un document contenant un message écrit en langue française qu’ils demandent de transmettre  aux plus hautes autorités du pays “, raconte le directeur de l’école pris pour cible. “Avant de quitter les lieux, l’un d’entre eux est entré incendier l’imprimante”, ajoute-t-il.

Après leur départ, le directeur dit s’être rendu à Titao pour faire le faire le compte rendu de la situation à sa hiérarchie. “ J’ai fait le compte rendu à ma hiérarchie. Nous rendons grâce à Dieu. Il y a une nette différence entre ce que les gens disent sur les réseaux sociaux et la réalité”, indique le directeur.

La nouvelle de cette visite s’est répandue comme une trainé de poudre et les écoles situées à proximité de Toulfé ont fermé.

Trois semaines plus tôt, dans la même commune, des hommes armés ont fait une descente musclée au Centre de santé et de promotion sociale(CSPS) du village de Pelaboukou où ils ont menacé les agents de santé et retiré une moto du service. Après ce forfait, ces hommes ont fait irruption à l’école de Tougribouli où ils ont mis le feu au bureau du directeur qui a consumé avec le matériel didactique et un important lot de documents.

Si les écoles des communes de Titao et de Ouindigui étaient jusque-là épargnées, celles de Banh et Sollé n’ont pas connu une rentrée effective cette année scolaire. Ces communes sont en proie  à d’interminables attaques armées et des enlèvements depuis l’année dernière et qui ont coûté la vie à des forces de défense et de sécurité sans compter  les conséquences sur le fonctionnement de l’administration.

« Nous avons suspendu la tenue de sessions du conseil municipal à cause de l’insécurité. C’est vrai qu’il y a les FDS qui sont basées à Sollé mais si nous nous réunissons, nous allons causer du tort aux conseillers municipaux : ceux-ci ne seront pas en sécurité à leur retour dans les villages » déplore un adjoint au maire de Sollé.

Vaquer tranquillement à vos occupations

Dans les champs ce depuis les attaques à la mine artisanale, les paysans sont dans la consternation. « Moindre coup de feu, , il se chercher. ”Ce que nous craignons le plus, ce sont les balles perdues  issues des affrontements entre ces hommes armés et les FDS. Souvent, pendant que nous travaillons dans nos champs,  par groupe de 4 ou 5 ils peuvent venir nous encourager pour notre travail et nous parler de l’islam. La première fois,  nous avons eu peur du fait qu’ils étaient armés. Ils nous ont dit qu’ils n’en veulent pas à un civil. ”, a expliqué un paysan de la commune de Sollé ”Vaquez tranquillement à vos occupations. Ce sont les hommes de tenue et les koglwéogo que nous ne voulons pas croiser sur notre chemin. Nous rapporte le paysan.

Des CSPS au ralenti

Dans les centres de santé et de promotion sociale, la panique gagne du terrain. De sources, les agents de santé, par mesure de prudence, ont opté de suspendre les consultations la nuit,  exception faite aux accouchements.

A Kain, une commune située à 85 km au Nord-Ouest de Ouahigouya dans la  province  du Yatenga, les classes sont restées fermées depuis l’assassinat, par des hommes armés, d’un enseignant du lycée de ladite localité dans la nuit du 26 novembre 2017. Si les élèves des classes d’examen ont vu leur année sauvée grâce aux examens spéciaux organisés par le ministère de l’éducation nationale et de l’Alphabétisation, ce ne fut pas le cas aux autres classes qui n’ont même pas pu totaliser deux mois de cours. Après un mois et demi de la rentrée scolaire 2018-2019,  élèves et enseignants de la commune de Kain scrutent l’horizon à la recherche de quiétude nécessaire à la reprise des cours. Sorti fraîchement de l’école nationale des enseignants du primaire(ENEP) et affecté à l’école de Doubaré dans la Circonscription d’éducation de base de Kain,  W. Ouédraogo doit encore patienter pour mettre en pratique ses connaissances pratique et théorique. ” Le premier jour de la rentrée (1er octobre 2018), nous sommes rencontrés à l’école pour tenir le premier conseil des maîtres de l’année. Depuis, l’école est restée fermée à cause de la menace.” s’est-il plaint. ”J’ai été obligé d’aller négocier la place dans les lycées à Ouahigouya pour mes enfants. Ils n’ont pratiquement rien fait l’année dernière et si je m’amuse, cette année  ça sera la même chose.” a laissé entendre ce parent d’élève de Kain.  Outre la fermeture des classes due à la menace de groupes armés, les populations sont constamment écumés: les vols de troupeaux, et  les braquages sont le quotidien des populations de cette localité qui ne savent plus à quel saint se vouer. Selon un élu local joint sur place,  de plus en plus des individus armés viennent nuitamment enlever les troupeaux. ”Au début du mois de novembre, un éleveur malien qui s’est installé à Kain à vue son troupeau de 80 bovins enlevé par des hommes armés.” nous informe t-l. Depuis le meurtre de l’enseignant, les sessions du conseil municipal se tiennent régulièrement mais pour minimiser les risques d’incidents,  elles sont organisées à dans le village de  Yensé où est basé un détachement militaire. En plus des opérations menées par les Fds pour sécuriser la zone,  la confrérie Dozo joue elle aussi un rôle déterminant: Grâce à la présence de notre camp, ces gens n’osent pas venir ici.  Si nous voyons un homme de fusil de guerre, pas de sommation,  on met le feu”, rassure un membre Dozo.

Dans la commune de Tangaye et de Thiou, toujours dans la même province, la menace terroriste a occasionné la fermeture de plusieurs écoles.  Se situant non loin la frontière malienne  depuis la mi-octobre. Selon des sources locales et sécuritaires, des individus armés occupent une forêt dans la zone  depuis un certain. C’est par groupe de 4 ou 6  cagoulés et armés de kalchnikov, ils font le tour des villages et organisent  des prêches au cours desquels ils affichent clairement le mépris de voir les agents de l’Etat.

Ali Konfé, correspondant

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