Société

Journée mondiale du diabète : de plus en plus de Burkinabè concernés

Le diabète, une maladie en forte augmentation à travers le monde : à l’occasion de la journée mondiale du diabète ce 14 novembre Elise Cannuel revient, dans son Bulletin de santé, sur des chiffres préoccupants et les bons réflexes pour prévenir le diabète. 

Plusieurs types de diabète existent et c’est le diabète de type 2 qui est, de loin, le plus fréquent. Il concerne 90 à 95% des personnes à travers le monde. Contrairement au diabète de type 1 qui peut toucher les personnes jeunes dont les enfants, celui de type 2 concerne surtout les personnes en surpoids après 40 ans. Leur corps devient résistant à l’insuline, une hormone qui n’arrive plus à faire entrer le sucre dans les cellules.

Conséquence, le taux de sucre dans le sang est trop élevé. Les agents de santé parlent alors d’hyperglycémie chronique. Sur le long terme, les conséquences peuvent être très graves, notamment sur les nerfs et les vaisseaux sanguins, au niveau des yeux et des reins avec une perte de la vision et une insuffisance rénale mais aussi des accidents cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux ou encore des amputations au niveau des pieds. Autant de problèmes difficiles à prendre en charge dans le contexte du Burkina. Justement, voici une mauvaise nouvelle : les cas de diabète de type 2 progressent d’année en année et plus encore dans les pays en voie de développement.

Le diabète, un problème de santé publique au Burkina

La prévalence du diabète au Burkina était évaluée, en 2016, à environ 5%, ce qui en fait un problème de santé publique. Le profil pays dressé par l’Organisation Mondiale de la Santé nous dit qu’en 2016, un peu plus de 3000 Burkinabè sont morts du diabète et 3400 d’hyperglycémie. Le Ministère de la santé burkinabè a enregistré quant à lui environ 3600 personnes venues consulter dans les structures sanitaires avec un diabète au premier trimestre de 2017. Notons que beaucoup d’autres personnes atteintes ne consultent pas car au début il n’y a pas de symptômes, on peut avoir le diabète sans le savoir. Les cas sont donc de plus en plus nombreux mais la bonne nouvelle est qu’on peut prévenir le diabète par des moyens très simples.

La prévention par l’hygiène de vie

Une bonne hygiène de vie protège du diabète mais aussi de beaucoup d’autres maladies. Elle commence par une alimentation équilibrée pour maintenir un taux de sucre stable toute la journée. Comment faire ? Essayez de manger trois repas par jour à des heures régulières, de surveiller les quantités que vous prenez, évitez les excès de gras et de sucres, celui qu’on voit, par exemple les carreaux qu’on met dans le café ou le thé, mais aussi celui qu’on ne voit pas, dans les sucreries, qui portent bien leur nom, dans les jus, gâteaux, biscuits et autres bonbons. Il faut essayer de manger chaque jour des fruits, des légumes ou encore des feuilles. Citons un chiffre tiré de l’enquête nationale sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles de 2013 : 56% des adultes burkinabè ne mangent aucun fruit et aucun légume dans leur journée. Il y a donc de gros efforts à faire. Deuxième point : l’exercice physique. Une étude, celle du Diabetes Prevention Program (DPP), a montré que les individus à risque qui pratiquent 30 minutes d’activité physique par jour et perdent 5 % à 7 % de leur poids diminuent de 58 % leur risque de devenir diabétique. De quoi motiver, et on ne dit pas de payer un abonnement dans une salle de sport, marcher pour faire ses courses au quartier suffit ou encore jouer au football avec les amis et monter les escaliers plutôt que prendre l’ascenseur. Terminons avec d’autres chiffres assez parlants : selon le même rapport de l’OMS, 26% des femmes burkinabè sont en surpoids ou obèses et c’est 18% du côté des hommes. Par ailleurs, près de 20% des femmes et 13,5% des hommes ont une activité physique insuffisante. Le poids et la glycémie sont deux choses à surveiller en allant consulter au moins une fois par an même si vous vous sentez très bien. N’oublions pas que le diabète de type 2 est grave mais peut être évité.

Retrouvez le Bulletin de santé d’Elise Cannuel chaque mercredi dans Oméga matin entre 6h30 et 7h et dans Oméga soir entre 18h30 et 19h.

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