Politique

Procès putsch 2015: – ” On m’a envoyé négocier le général pour qu’il remette le pouvoir aux civils ” (colonel major Boureima Kiéré)

Le colonel major Boureima Kiéré au deuxième jour de son interrogatoire a exprimé sa peur lors des évènements qui ne l’a pas permis de dire non « ouvertement » au général. A la réunion de la commission de réflexion d’aide à la décision(CRAD), il explique que la plupart des membres se sont opposés au coup d’État mais lui n’a pas jugé nécessaire de donner sa position publiquement vu qu’il avait déjà dit au général en aparté et surtout avec le contexte.

” Eux, ils restaient au ministère de la défense et moi je repartais au camp naaba Koom, donc je craignais pour ma sécurité “, précise celui-là même qui a été pendant 20 ans aide de camp du président Blaise Compaoré. Me Ali Neya de la partie civile trouve inconcevable qu’en tant que premier responsable de la sécurité du président il n’ait pas pris la parole. ” Vu votre rang et votre qualité vous auriez dû intervenir. Vous êtes même membre de la CRAD”, a indiqué l’auxiliaire de justice.

Par crainte également, le chef d’état-major particulier de la présidence avoue n’avoir pas cherché à voir son patron le président Michel Kafando lors de sa séquestration. ” Par mesure de prudence, je n’ai pas cherché à le voir mais je travaillais pour qu’il soit libéré” , indique-t-il. ” On pouvait apercevoir deux grands clans au RSP”, ajoute l’accusé. La question des clans qui existaient au RSP a aussi été évoquée. Pour le colonel major Kiéré il y avait principalement deux clans.

” Celui de Zida et de Diendéré sans oublier un groupe résiduel les non-alignés “, explique-t-il. En ce qui concerne le camp de Zida, l’accusé indique ce camp finançait beaucoup. ” Des soldats, des caporaux roulaient avec des véhicules de plus de 15 millions et avaient des comptes bancaires de plusieurs millions et ça venait de Zida”, affirme-t-il.

Un autre officier supérieur préparait son coup d’État.

-” Bonjour, il y a Boureima du reporter et courrier confidentiel qui m’ont dit que des jeunes du RSP et du camp Guillaume en contact avec le colonel YAK veulent mener une opération pour chambouler la transition”

-“Ils ont beaucoup d’informations sur le RSP. Trouvez-moi quelque chose pour les inviter à boire et manger du “porcal” ( viande de porc au four) pour les soutirer des infos”. Ce sont là les messages que le colonel major Boureima Kiéré a reçu le 12 septembre 2015 d’un informateur lui disant qu’un autre officier supérieur de l’armée préparait un coup de force et il a transmis au général Gilbert Diendéré. Et au parquet militaire de lui demander si ce n’est pas cette information qui a précipité le coup d’État du CND ?

” Je ne suis pas responsable de ses événements, je ne peux pas dire qu’il y a un lien. Aussi il fallait d’abord préciser le renseignement” répond-il. ” J’étais un médiateur ” L’une des positions que le colonel major soutient le depuis de son interrogatoire c’est qu’il était aux côtés du général pour mener une médiation. Il donne pour preuve en disant que ” Le 21 septembre c’est moi que le chef d’état-major général des armées à envoyer pour négocier auprès du général Diendéré pour qu’il remette le pouvoir aux civils.

Cette position n’est pas du tout partagée par les avocats de la partie civile. Me Awa Sawadogo s’interroge donc. ” En tant que médiateur vous signez la déclaration faisant du général Diendéré président du CND? ” C’est le contexte, le général m’a instruit de le faire et je ne pouvais pas refuser “, martèle l’accusé.

Pour Me Guy Herve Kam, le colonel major Kiéré était de la délégation du général à la rencontre avec les chefs d’États de la CEDEAO qui eux étaient les vrais médiateurs et il ne saurait prétendre à la qualité de médiateur pendant les événements.

Faridah Elodie Sawadogo

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