Home > Tribune Libre  > Sahel : silence, on terrorise !

Baraboulé, Diguel, Djibo, Kelbo, Koutougou, Nassoumbou et Tongomayel sont 7 des 9 départements de la province du Soum dont l’évocation du nom rime avec attaque terroriste. Nombreux sont les Burkinabè qui ont connu ces localités à cause des multiples attaques qu’elles subissent au quotidien.

 

Depuis l’enlèvement du docteur Arthur Elliott Kenneth le 15 janvier 2016 dans le chef-lieu de la province, Djibo, pas un mois ne passe sans qu’on ne parle d’acte terroriste dans la province. Après le harcèlement des forces de défense et de sécurité, on se souvient encore de l’attaque du 16 décembre 2016 qui a fait 12 morts parmi les soldats burkinabè, les terroristes sont montés en puissance.

 

Pose d’engins explosifs, enlèvement et attaques ciblées. Salifou Badini, enseignant est tué le 3 mars 2017 à Kourfayel, Amboura Boucari Aissama conseiller d’un village de Baraboulé, tombe le 27 novembre 2017, la  fuite n’a pas empêché l’assassinat d’un conseiller du village de Soboulé et son fils le 5 février 2017, plus récemment soit le 8 avril 2018 le résistant maire de la commune de Koutougou ,Hamidou Koundaba est tué devant son domicile.

 

Bref, ils sont plusieurs dizaines ces personnes qui ont perdu la vie dans la province du Soum du fait d’actes terroristes ces trois dernières années. Cette situation a une conséquence énorme sur la quiétude des populations.

En mi-février le Comité international de la Croix-Rouge dénombrait entre 14 et 15 000 les personnes qui ont quitté leurs villages dans la province  pour fuir les violences.

 

Le 19 avril, le contenu du rapport d’une mission gouvernementale dans le Sahel et le nord, indiquait  que 216 écoles avaient fermé dans la zone ce qui touchait 20 mille élèves et plus de 800 enseignants. Aujourd’hui, c’est au tour du tribunal de grande instance de fermer après de nombreuses menaces.  Mais que fait le gouvernement face à cette situation ? Apparemment pas grand-chose au regard de la montée en puissance des terroristes. Et leur progression fait penser au Mali, au Nigéria ou d’autres pays ailleurs dans le monde comme la Syrie dont des groupes terroristes se sont emparés du contrôle d’une partie. Voit-on venir le danger ? Sait-on qu’on est en guerre et que la peur va bientôt s’emparer d’une bonne partie de la population, l’administration en premier si des mesures ne sont pas prises d’urgence ?  Il est temps que les premières autorités le chef de l’Etat en premier prennent toute la mesure de la situation en décrétant par exemple l’Etat d’urgence ou toute autre mesure qui pourrait permettre un déploiement massif des forces de défense et de sécurité. Et il est temps car plus tard ce sera peut-être trop tard.

 

Ousmane Paré

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