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Procès putsch de 2015 : Retour sur les arguments avancés par les accusés dans leurs demandes de mise en liberté provisoire

A l’issue de la lecture de l’arrêté de mise en accusation, le tribunal a examiné samedi matin, les dossiers de demande de mise en liberté provisoire. Quatre accusés ont été appelés à la barre pour donner les motifs de leurs demandes. Retour sur les arguments avancés par les accusés dans leurs demandes de mise en liberté provisoire.

Le premier accusé appelé à la barre a invoqué des raisons familiales. Il indique vouloir se rendre au village comme l’exige la tradition pour « régler» certaines choses à la suite du décès de son père. A cela s’ajoute des démarches à entreprendre pour que sa mère puisse bénéficier de la pension de son père. « Une demande recevable dans la forme mais rejetée dans le fond » selon le tribunal. Les juges estiment qu’à l’heure actuelle, il est impossible d’accéder à une telle requête et en ce qui concerne les documents pour la pension, des permissions d’une demi-journée peuvent être accordées à l’accusé.

Le deuxième accusé a aussi avancé des raisons familiales mais d’une autre nature. Sa femme est souffrante car elle a été renversée par un colonel au sein du camp Aboubacar Sangoulé Lamizana (camp abritant la Maison d’Arrêt et de Correction des Armées), alors qu’elle était venue lui donner de la nourriture. Il demande donc une liberté provisoire pour rester à ses côtés. « Nous ne voyons pas l’opportunité d’une telle requête » a rétorqué le parquet.

La seule dame qui a demandé une mise en liberté provisoire a donné comme arguments, « des problèmes de santé et l’éducation de mon fils ». Pour cette dernière, depuis son emprisonnement, plus rien ne vas à l’école pour son enfant. Demande rejetée par le parquet. Pour cause, le parquet explique que pendant qu’elle était recherchée, elle se cachait à Ouagadougou sous une autre identité. « J’implore votre clémence » a-t-elle répondu. Chose qui n’a pas porté fruit puisque la demande a été rejetée comme les deux précédentes.

L’accusé qui a le plus duré à la barre et retenu l’attention, c’est ce soldat qui a été envoyé en mission alors qu’il bénéficiait d’une liberté provisoire. Il a été renvoyé derrière les barreaux lorsqu’il est revenu pour le procès. « Lorsque j’ai été désigné pour aller au Mali, j’ai informé mon commandant d’unité qui m’a rassuré que je n’avais pas de soucis à me faire et que je pourrai revenir avant le procès ». Selon ses explications, il a entrepris des démarches pour se rassurer qu’il ne risquait rien en quittant le pays. Il souligne par ailleurs avoir reçu un coup de fil de la justice militaire lorsqu’il était en formation à Djibo pour lui signifier qu’il devait répondre de ses actes. Et là encore, poursuit-il, ses supérieurs n’ont pas trouver d’inconvénients pour qu’il aille en mission au Mali. Revenu au Burkina Faso pour le procès, il a vu la justice militaire mettre fin à sa liberté provisoire. Le parquet a déclaré que la nouvelle demande de mise en liberté provisoire est à la limite irrecevable. L’élément a reçu une notification le 29 janvier 2018 indiquant qu’il doit comparaitre. Mais malgré tout, il a quitté le pays le 05 février pour le Mali. En plus, poursuit le parquet, il n’a jamais pris attache avec les avocats commis d’office pour évoquer le problème. Le tribunal a enregistré les noms de tous les supérieurs qu’il a cités et a renvoyés la demande pour vérification complémentaire.

En l’absence de leurs avocats qui se sont retirés lors de l’audience de vendredi, ces accusés n’ont donc pas convaincu le tribunal puisque 3 demandes ont été rejetées et une renvoyée pour vérification supplémentaire. « S’ils avaient dans la salle des avocats pour les défendre, l’argumentaire aurait été différent et cela aurait pu orienter la décision du tribunal » a lâché un des avocats de la partie civile.

Bernabé Kabré

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