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Procès putsch 2015 : « Me Somé a raté complètement sa vocation » (Adama Ouédraogo dit Damis)

Tout ce que Dieu fait est bon, s’est dit désormais convaincu le journaliste Adama Ouedraogo dit Damiss dès l’entame de son propos mercredi. « Si je n’avais pas été inculpé, je n’allais pas connaitre la justice Burkinabè… Si je n’avais pas été inculpé, je n’allais pas vivre la réalité de l’adage qui dit que c’est en période difficile que l’on connait ses bons amis. Les épreuves que j’ai vécues me permettent aujourd’hui de faire le tri dans mes relations humaines. Si je n’avais pas été inculpé, je n’allais pas connaitre davantage l’Homme (H) » a-t-il expliqué.

Le parquet a requis 10 ans de prison pour le journaliste. 
Pour l’avocat de l’accusé, le procureur militaire, s’est adjugé sans preuve le titre d’expert acoustique puisque lors des auditions ce dernier avait affirmé avoir reconnu de manière formelle la voix du journaliste. « Il n’y a eu aucune expertise d’une téléphonie mobile qui a indiqué que le numéro de téléphone appartient à mon client » dit-il.

Et pour le million de francs CFA qui ont lui ont été remis par le général Diendéré, l’avocat indique qu’il n’y a pas de lien avec le putsch. 
« La partie civile et le parquet militaire n’ont pas été à mesure de nous donner des éléments qui attestent que l’argent reçu par mon client a un lien avec le putsch » déclare Me Stéphane Ouédraogo.

Il s’indigne que ce soit après l’instruction que le parquet porte ces accusations sur le journaliste Damis et qu’on lui demande d’apporter les preuves de son innocence. Pour l’avocat, on n’est plus à l’ère de l’inversion de la charge de la preuve.

Dans ce même élan, le journaliste Damis salue la bravoure et le sang froid de certains avocats et vole dans les plumes d’autres. Il va parler nommément de trois avocats qui l’ont marqué durant ce procès: 
« Le premier est Me Ali Neya. Durant tout ce procès, cet avocat m’a marqué par son sens de la modération. Jamais il n’a cherché à plaire à des supporters, jamais il n’a injurié ni tenté d’humilier un accusé, c’est tout à son honneur.

Le second avocat est Me Séraphin Somé. Me Somé a montré tout au long de cette procédure qu’il a raté sa vocation. Il aurait dû s’inscrire dans une faculté de cinéma. A chacune de ses interventions, il nous a offert des séquences d’une série noire de télé mal montées qu’on diffuse à 10h dans les pays développés au moment où seuls les désœuvrés sont devant leur petit écran.

Le troisième avocat est Me Guy Hervé Kam. L’histoire des 100 millions l’a tellement ébranlé qu’il a juré d’avoir ma peau. Mais je voudrais dire à Me Kam que je n’ai pas encore parlé, simplement parce je demeure convaincu que nous ferons la paix. Je le fréquentais, je peux dire que j’étais un de ses admirateurs et de ses défenseurs acharnés, il le sait. Je donne la chance à la paix et à la réconciliation entre nous. A défaut, le moment viendra où je donnerai des détails pour montrer à la face du monde et aux Burkinabè que Me Kam est avocat le matin, activiste à midi et politicien la nuit. Il mange à tous les râteliers au gré de ses intérêts ».

Du président du tribunal, Adama Ouédraogo salue les honneurs qui lui ont valu le titre de major de sa promotion et lui demande de dire le droit comme son bon sens l’indique. 
« Aucune condition d’une quelconque infraction n’est constituée à mon égard. Si vous me condamnez, vous m’aurez jugé mais vous n’aurez pas rendu justice » indique l’accusé au Tribunal.

Après un cours d’histoire sur la révolution Burkinabè le journaliste dit refuser que certains falsifie l’histoire. Pour lui, certaines personnes veulent utiliser le procès pour résoudre leur problème personnel. 
Pour le journaliste l’affirmation selon laquelle il y est pour quelque chose s’il a pris tant de risque pour aller au camp Naaba Kom2 est fortuite. Depuis quand la prise de risque est une infraction ? demande-t-il au tribunal. 
« Un journaliste qui ne prend pas de risque est un mauvais journaliste » ajoute-t-il.

Mohamed Nakanabo

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