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Prévention de l’AVC : ne nous laissons pas surprendre !

Après le décès de l’artiste musicien ivoirien Dezy Champion des suites d’un AVC le 31 mars 2018, Elise Cannuel revient sur l’AVC, problème majeur de santé publique. Dans son Bulletin de santé du 4 avril, elle revient sur les nombreux facteurs de risque évitables.

Les trois lettres « AVC » désignent un Accident Vasculaire Cérébral. Il survient brutalement, d’où le terme accident. Dans 80% des cas, un vaisseau sanguin se bouche à cause d’un caillot. Une zone du cerveau se retrouve alors sans oxygène et sans les éléments nutritifs qui la font fonctionner habituellement. Les autres cas d’AVC sont causés par la rupture d’une artère cérébrale entraînant une hémorragie. Quel que soit le cas de figure, les conséquences dépendent de la zone du cerveau touchée. Certains auront du mal à parler, des problèmes de mémoire ; il peut également y avoir une paralysie d’une partie du corps. Un AVC massif peut provoquer un coma. Ça a été le cas de l’ancien footballeur camerounais Rigobert Song. Précisons qu’il a pu totalement se remettre après six mois de soins en Europe. Un AVC peut également tuer, sur le coup ou quelques semaines plus tard. Notons que l’AVC est une urgence médicale absolue : s’il y a paralysie, perte de conscience ou d’équilibre, troubles visuels, une difficulté à parler ou encore de violents maux de tête, il faut se rendre immédiatement dans un service d’urgences.

Des AVC de plus en plus fréquents

Les AVC représentent un problème majeur de santé publique, au Burkina Faso et dans le monde. C’est aujourd’hui la première cause d’hospitalisation au service de neurologie du CHU Yalgado Ouédraogo à Ouagadougou. Il a reçu plus de 300 cas en 2016. Citons d’autres chiffres : après un AVC, une personne sur cinq décède dans le mois qui suit, les trois quarts de ceux qui survivent gardent des séquelles définitives et le quart de ces survivants ne pourra plus jamais travailler. Ces séquelles posent le problème de leur prise en charge qui représentent des mois de rééducation et donc de dépenses. C’est un véritable problème dans le contexte du Burkina.

De nombreux facteurs de risque

Contrairement aux idées reçues, l’AVC ne concerne pas seulement les personnes âgées et obèses. Les facteurs de risque sont nombreux, il s’agit la plupart du temps de problèmes de santé chroniques, parfois non diagnostiqués. Le premier facteur de risque est l’hypertension, viennent ensuite le tabagisme, l’obésité, le mauvais régime alimentaire, l’absence d’exercice, l’excès du mauvais cholestérol, le diabète, l’abus d’alcool notamment. Certains problèmes de santé familiaux peuvent également être en cause. Il y a donc d’un côté l’hérédité contre laquelle on ne peut rien, mais aussi et surtout le mode de vie sur lequel il est possible d’agir.

Une bonne hygiène de vie, aspect essentiel de la prévention de l’AVC
Une bonne hygiène de vie permet de vivre longtemps en bonne santé, et notamment d’éviter l’AVC. Il est donc conseillé de ne pas fumer, de ne manger ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé et de faire de l’exercice. Il ne s’agit pas de devenir sportif de haut niveau : on peut par exemple, tout simplement, faire de la marche. Un aspect très important, ce sont les contrôles avec la surveillance de la tension et des prises de sang annuelles qui permettent de vérifier le taux de mauvaises graisses. Mieux vaut dépenser quelques milliers de francs de temps en temps pour un contrôle de santé que des centaines de milliers pour essayer de se remettre d’un AVC qui handicape et qui empêche de travailler.

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