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Nagrin : Du poulet et des crevettes dans les aliments impropres à la consommation emportées par la population (témoins)

Pas une seule trace de viande avarié ni de tout autre aliment du genre à la réserve publique de Nagrin ce mercredi. Pourtant c’est bel et bien dans ce quartier et dans ces environs que la saisie a eu lieu selon le communiqué du maire de la commune de Ouagadougou Armand Béouindé.

Qui mieux que les premiers témoins à savoir les riverains pour nous retracer le film de la veille. Nous nous adressons d’abord à un groupe d’hommes assis dans un kiosque juste en face de la réserve. Une fois la question posée, tous nous affirment ne rien savoir. « Nous n’habitons pas le quartier » nous disent-ils. Vrai ou faux ? Pas le temps de vérifier.

Nous décidons de faire du porte à porte dans les cours riveraines de la réserve. La question reste la même, de la viande impropre à la consommation a-t-elle été déversée à Nagrin dans la nuit d’hier à aujourd’hui ?

Dans une ruelle, nous rencontrons Salamata Zongo. Cette dernière semble être bien informée sur la question même si elle avoue n’avoir pas vu la scène : «C’était la nuit dernière vers 18h. Mon fils m’a informé qu’on distribuait de le viande vers la mosquée mais il n’en a pas pris et m’as mis en garde également de ne pas en prendre. Mais il y avait beaucoup de gens qui s’alignaient pour ramasser la viande Et plus tard dans la matinée ce mercredi, une dame est venu et m’a relaté qu’il semblerait que c’est hier nuit le véhicule contenant la viande avariée est tombé en panne et les gens se sont approcher pour se renseigner. Les conducteurs ont annoncés que c’est de la viande qu’ils vont jeter et les gens ont demandé à rentrer en possession de cette viande. Certains se sont servis 2, 3 cartons, selon les dires».

Contrairement à Salamata Zongo, cette autre habitante de Nagrin qui a voulu garder l’anonymat nous avoue n’avoir eu vent de cela que ce matin. Depuis, elle a eu le temps de s’informer.

«Je voulais y aller par curiosité, juste pour constater que la distribution de la viande était une réalité. Ce n’est pas claire de distribuer de la viande comme ça à tout le monde. Je n’y suis pas allé parce que j’ai appris que la gendarmerie et les kolgweogos étaient sur les lieux» confie-t-elle.

Dispersés par la police et les koglweogos

Un sexagénaire lui raconte avoir même dissuadé des enfants d’aller également ramasser de la viande : «J’étais à mon lieu de gardiennage et quelqu’un est venu avec des crevettes pour montrer aux enfants et a dit qu’elles provenaient du camion de viande qu’on distribue. Les enfants ont voulus aller sur les lieux mais je les ai empêchés. Ce n’est que vers minuit que la police est venue pour chasser les gens ».

S’il y a ceux qui semblent être bien informé sans avoir vu la scène, d’autres par contre ont vu les aliments avariés. C’est le cas de cette gérante de restaurant connue sous le surnom de Tantie kiosque : «Je ne cautionne pas l’acte qu’ils ont posé car c’est une négligence de leur part et quelle que soit la motivation ils devraient aller hors de la ville et accompagner d’un service d’hygiène pour se débarrasser de cette viande avariée. La vie des gens qui ont ramassé cette viande est en danger car on ne sait pas exactement de quel type de viande il s’agit et pour quel usage ces personnes l’ont ramassé. J’ai entendu qu’il y avait des crevettes et de la viande rouge en grande quantité.»

Toujours selon les riverains, ce serait à l’arrivée de la police puis des membres du groupe d’autodéfense koglweogo que la population qui s’était attroupée autour du camion a été dispersée.

Joint par radio Oméga, la mairie centrale et le ministère des ressources animales se sont dits incompétents pour répondre à nos questions car l’enquête suit son cours. En attendant, le camion incriminé qui appartient au service traiteur Serv’air et une grosse partie de son chargement ont été saisis et mis en fourrière au niveau de la police municipale.

Marina Traoré & Carelle Nezien

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