Home > Société > Lutte contre l’insécurité au Burkina : Les Forces de l’ordre invitent la population à la collaboration

Lutte contre l’insécurité au Burkina : Les Forces de l’ordre invitent la population à la collaboration

L’invité de la rédaction de ce 27 janvier est le capitaine Hervé Yé, chargé de communication de la gendarmerie nationale. Il nous donne des éclairages pour une meilleure collaboration entre population et forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.

Radio Omega : Capitaine Yé Bonjour

Capitaine Yé : Bonjour

Radio Omega : Les autorités ont interpellé la population à collaborer face à la situation de menace terroriste et également à dénoncer les personnes suspectes. Qui appelle-t-on personne suspecte ?

Capitaine Yé : Une personne suspecte, c’est tout individu qui, par la nature de ses activités, peut donner l’impression qu’il mène une activité qui peut être jugé illégale. Par exemple, il peut être un individu que vous ne connaissez pas dans votre quartier et que vous voyez très souvent ou depuis quelques temps en train d’observer une maison. Il peut être aussi un individu qui vient immobiliser son véhicule devant la porte de votre voisin sans que vous ne l’ayez déjà vu auparavant.

Radio Omega : Comment se rendre compte qu’une activité peut être source de menace ?

Capitaine Yé : Quand vous voyez un monsieur qui arrive dans un quartier à des heures régulières, de manière répétées et qui se met à surveiller une maison ou un commerce, cela peut être suspect. Quand vous voyez un monsieur qui arrive à une heure très tardive qui entre dans la maison de quelqu’un et qui sort avec des marchandises ou du matériel c’est suspect.

Radio Omega : Que faire face à de telles situations ?

Capitaine Yé : Dans cette situation il faut d’abord être vigilant, parce que ce sont des choses qu’on ne voit pas le plus souvent. On a eu des cas où des gens ont constaté l’absence de leur voisin et que des gens sont venus forcer sa maison et la cambriolée en déménageant tout son matériel. Cela veut dire que ces personnes ont vu des gens venir dans la maison de leur voisin dévaliser tout son matériel. A un certain moment, il est important de se dire que mon voisin ne m’a pas dit qu’il déménageait la nuit. S’il ne m’a pas dit cela, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche.

Radio Omega : Quelle devrait être la bonne attitude ?

Capitaine Yé : En réalité, on ne devrait pas prendre du temps pour faire une vérification. A partir du moment où c’est suspect, il est bon d’appeler les forces de sécurité. Mais il se trouve que depuis un certain temps, on se rend compte que des gens appellent les forces de sécurité souvent pour un rien. Et cela disperse les énergies des forces de sécurité. Pour prévenir les cas suspects, il y a certes des numéros verts mais qui sont souvent difficilement joignables. Pour les numéros verts, il faut que chaque Burkinabè ait le reflex d’avoir le numéro de téléphone fixe de la brigade et du commissariat de police de son quartier dans son téléphone. Ensuite la gendarmerie nationale dispose d’un numéro vert qui est le 16, la police dispose d’un numéro d’urgence gratuit qui est le 17 et le centre national d’éveil d’alerte dispose d’un numéro vert qui est le 10 10. Ce qu’il faut faire, c’est que quand vous avez l’impression que vous êtes témoins d’un cas suspect, c’est de composer un de ces numéros (le 16, le 17 ou le 10 10). Pour ce qui concerne le cas du 16, lorsque vous appelez, le numéro vous renvoie au poste de gendarmerie le plus proche de votre zone. Malheureusement, il se trouve qu’il y a des surcharges au niveau de ces numéros. Il se trouve qu’il y a des Burkinabè qui appellent sur ces numéros verts pour juste donner des fausses informations. Ils déclarent des faux incidents en sachant que les gens vont sortir. Alors, admettons que quelqu’un appelle 4 fois ces numéros d’urgence à l’espace de cinq minutes, il va mettre en mouvement 4 équipes d’intervention soit de la gendarmerie nationale, soit de la police nationale. Il va s’en dire que lorsqu’une personne de bonne foi va appeler, les forces seront déjà sorties pour intervenir. Et la conséquence immédiate, c’est qu’on aura un retard de l’arrivée des forces d’intervention sur le terrain.

Radio Omega : N’y a-t-il pas de risque pour les gens qui appellent pour dénoncer ?

Capitaine Yé : Non, il n’y a pas de risque. Les numéros d’urgence sont anonymes. Vous ne verrez jamais les forces de police ou de gendarmerie essayées de retracer ces numéros pour savoir qui a appelé. Le problème c’est que lorsque vous donnez un renseignement qui n’a pas tout à fait aboutie, il peut arriver qu’on estime que vous vous déplaciez à l’unité de la ville la plus proche. C’est normal, parce qu’à un certain moment donné on a besoin de préciser un renseignement donné. Le renseignement fourni peut être important mais avoir des limites. Et là, c’est bon que vous puissiez vous déplacer. Depuis quelque temps les forces de sécurité animent un certain nombre de points de presse. Les points de presse révèlent souvent les stades de résolution des affaires de délits de criminalité qui sont partis de la dénonciation des populations. Mais en aucun moment ces populations ont été mises en danger.

Radio Omega : Quel conseil à l’endroit de la population ?

Il faut que chacun se disent que je peux, à travers ce que je vois, à travers ce que j’entends, contribuer à assurer moi-même ma sécurité. Et pour cela, il faut appeler les forces de sécurité ou se déplacer pour signaler ce qui a été vu ou entendu et qui est suspect.

Tu pourrais aussi aimer
Diplomatie : Hamidou Touré, l’ambassadeur du Burkina en Ethiopie décédé
Ouagadougou : une exciseuse dans les mailles de la gendarmerie
Baisses de pression, voire coupures d’eau à Ouagadougou
La police municipale change de mode opératoire, 106 engins en 1h en fourrière

Laisser un commentaire