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Journée mondiale contre le paludisme : les chercheurs sur tous les fronts

En ce 25 avril, journée mondiale de lutte contre le paludisme, où les chercheurs en sont-ils ? Du vaccin au traitement préventif en passant par une lumière blanche pour perturber l’appétit du moustique et jusqu’aux moustiques OGM, Elise Cannuel passe en revue les différentes pistes sur le front de la lutte contre le paludisme.

Il faut innover car le paludisme a repris du terrain : l’OMS a relevé à travers le monde plus de cas en 2016 qu’en 2015. Il faut également innover car les moustiques eux-mêmes innovent en devenant résistants aux insecticides et en adaptant leur comportement à l’utilisation des moustiquaires. Selon un constat fait par des chercheurs de l’université de Notre Dame du Lac aux Etats-Unis, ils piquent désormais en début de matinée ou dans la soirée. Une innovation qui pourrait donner rapidement des résultats est le vaccin contre le paludisme. Le vaccin Mosquirix sera testé par l’OMS à partir de cette année et jusqu’en 2020 au Ghana, au Malawi et au Kenya. Mais on sait qu’il n’est pas efficace à 100% : il permet seulement de réduire de 40% le nombre de crises sur quatre ans et demi. Ce vaccin serait donc un outil dans la lutte contre le paludisme et non une solution. Une autre piste explorée est le traitement préventif pour les enfants. C’est le pari fait au Niger où la CPS, la chimio-prévention du paludisme saisonnier pour les enfants, va être étendue cette année à la quasi-totalité du pays. Elle a été testée au Burkina Faso où elle pourrait également être généralisée. Parmi les autres solutions, citons le développement de nouveaux insecticides et répulsifs plus efficaces, des chercheurs y travaillent mais c’est un travail long et coûteux.

Des pistes plus inattendues dans la lutte contre le paludisme

Hormis le vaccin et le traitement préventif, des chercheurs explorent des pistes plus inattendues contre le paludisme. D’abord l’utilisation de la lumière : les chercheurs américains dont il était question plus haut ont testé l’exposition des moustiques à une lumière blanche pendant des périodes de dix minutes durant la nuit. Cela dérègle leur manière de s’alimenter, cela leur coupe l’appétit en quelque sorte et limite les piqûres mais encore faut-il que le dormeur ne soit pas dérangé par la lumière. Une autre piste, lointaine et très hypothétique, serait de lâcher des moustiques génétiquement modifiés dans la nature. C’est ce qu’envisage le projet Target Malaria au Burkina Faso. L’objectif est de diminuer à terme la population des moustiques femelles. Avant cela, il faut vérifier les conséquences sur l’homme et l’environnement. En attendant ces moustiques OGM, seriez-vous prêt à avaler un médicament toxique pour les moustiques ? Une molécule, l’Ivermectine, est utilisée jusqu’à présent contre une maladie appelée cécité des rivières. On a constaté qu’elle tue les moustiques qui piquent la personne sous ce médicament, cet effet a été confirmé en 2014 par des études notamment au Burkina Faso. Des questions restent cependant sans réponse : quelle dose faut-il prendre, combien de fois, à quel rythme ?

Luttons contre le paludisme avec des moyens qui ont fait leurs preuves

Le premier moyen de se protéger du paludisme est l’utilisation de la moustiquaire qui a largement fait ses preuves. Même si l’insecticide de la moustiquaire n’a plus d’effet sur le moustique ou plus le même effet, la barrière physique reste une très bonne protection puisque le moustique ne peut pas nous atteindre. Utilisons la moustiquaire pour les adultes, pour les enfants, en toute saison, même lorsque nous dormons dans nos cours et utilisons des moustiquaires sans trous. Le même principe de barrière physique fonctionne avec les pantalons que nous pouvons porter à la nuit tombée. Concluons avec un chiffre : selon le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, près de 800 millions de moustiquaires ont été distribuées dans le monde entre 2002 et 2017. Elles ont permis d’éviter plus de 500 millions de cas de paludisme et de sauver plusieurs centaines de milliers de vies. La moustiquaire devrait donc faire partie du quotidien au Burkina Faso où le paludisme reste la première cause de mortalité.

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