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Grèves itératives de scolaires: «Depuis la marche du 29 novembre, chaque jour, on est visité» (chefs d’établissements)

Nous sommes au collège privé Ramogdwendé sis à la patte d’oie, il est 10h moins ce mercredi 5 décembre 2018. Pas de cours, pas d’élèves. Et selon Mathilde Kaboré, la directrice des études, c’est depuis fin novembre que les cours sont perturbés par des grèves. «Depuis la marche du 29 novembre, ça ne s’arrête pas. Quand ce sont les grèves avec motif, on comprend par exemple pour le 6, le 13 décembre, tous les chefs d’établissements sont informés» explique-t-elle.

Même situation au Lycée Saint Joseph à Cissin, nous dit Christophe Douamba, le proviseur : «Nous subissons les mêmes aléas. Depuis le 29 novembre jusqu’à nos jours, chaque jour on est visité. Dès que les casseurs arrivent, nous les libérons. Nous craignons le revers de la médaille sachant que parmi eux, ce sont les mêmes qui rappellent les autres pour dire de venir les sortir».

Si au Lycée « Saint Joseph », les responsables préfèrent laisser les enfants rentrer chez eux afin d’éviter tout débordement, au Collège « Ramogdwendé », ils ont trouvé une parade. «Nous les avons réunis pour les sensibiliser lundi à comprendre que les cours sont pour leur bien, ils ont compris et sont restés. Le mardi, ils sont revenus, mais on a fait appel à un service de sécurité privée qui est venu à notre aide», nous confie Mathilde Kaboré, la directrice des études. D’autres établissements ont également fait recours à un dispositif sécuritaire dissuasif à vue d’œil. Une solution temporaire selon Mme Kaboré, c’est pourquoi elle interpelle d’abord les parents d’élèves ensuite les autorités : «Aux parents, nous demandons à chacun de s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants par exemple en essayant de comprendre ce qui se passe et ce qu’ils peuvent faire pour aider à continuer normalement les cours. A l’Etat, nous demandons de prendre en charge le problème car ce qui arrive au système éducatif est inquiétant»

Inquiétude justifiée car les professeurs se demandent si à cette allure ils pourront terminer leur programme. «Vous commencez un cours, à peine 5-10 mn les casseurs sont là, vous arrêtez et le lendemain c’est la même chose. Pour un enseignant qui n’a qu’un seul jour de cours dans la semaine, s’il vient le jeudi et que chaque jeudi les cours sont perturbés, du coup durant le mois de décembre il ne fera pas cours et cela va jouer sur la progression des élèves» témoignent certains.

Au lycée Philippe Zinda Kaboré où notre reporter s’est rendu hier les cours se poursuivaient normalement. Là l’administration a décidé de ne pas s’exprimer pour le moment sur la question. A les en croire, ils ont une stratégie «anti-grève» qu’ils ne souhaitent pas dévoiler.

Brigitte Yoda

Photo: Frédéric Yaméogo

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