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Burkina : Sites miniers: cibles privilégiées des terroristes

Enlèvements d’employés, attaques de site et de convois, les exploitations minières du Burkina semblent être une cible privilégiée pour les terroristes. Retour sur les faits marquants.

C’est le tout premier acte terroriste au Burkina Faso. Le samedi 4 avril 2015 au matin, Iulian Ghergut, agent de sécurité roumain de 39 ans et responsable de la sécurité de la mine de manganèse de Tambao, effectue une patrouille aux abords de la mine située dans le nord du Burkina. À bord du véhicule, Iulian, un gendarme et le chauffeur. Ils sont alors attaqués par cinq hommes armés et enturbannés, arrivés à bord de pick-up Toyota. Le gendarme et le chauffeur sont blessés par les tirs des assaillants. Ghergut, lui, est enlevé. Depuis une vidéo de lui en octobre 2016 demandant à ses patrons (Pan African Minerals) et au gouvernement burkinabè de tout faire pour le liberer, on est toujours sans nouvelle de lui.

Autre enlèvement d’employés de mine, celui de trois employés (dont le fils du PDG) de la mine d’or d’Inata dans le nord du Burkina, ont été enlevés le 23 septembre alors qu’ils se rendaient à Djibo. Lancée à leur recherche, une equipe tombe dans une embusace faisant 3 morts. Tous les trois seront finalement libérés début novembre 2018. Cependant entre temps, la mine d’Inata a été attaquée.

Un gendarme tué, un autre blessé dans l’attaque armée de la mine d’or d’Inata, localité de la province du Soum situé à une soixantaine de km de Djibo, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 octobre 2018. L’attaque menée par plus d’une centaine d’hommes armés non identifiés est repoussée avec l’intervention d’un soutien aérien de la force Barkhane.
Lui aussi enlevé, le géologue canadien Kirk Woodman aura moins de chance. Ce cadre de la société canadienne Progress minerals enlevé le mardi 15 janvier 2019 sur le site aurifère de Tiabangou, dans la province de Yagha (nord-est), où il menait une mission de prospection, a été retrouvé mort le jeudi 17 janvier.

La recherche de rescapés se poursuit toujours quatre jours après l’attaque d’un convoi de travailleurs, de partenaires et de fournisseurs de la mine d’or de Boungou exploitée par la compagnie canadienne Semafo. Le bilan officiel est de 38 morts. De sources proches des recherches, Radio Oméga a appris la découverte d’un nouveau corps portant à 39, le nombre de personnes tuées.

Mais ce n’est pas la première attaque contre un convoi de Boungou.
Quatre gendarmes et un civil (chaufeur de bus) ont péri dans une attaque d’un convoi d’une mission d’escorte d’un car du personnel de la mine sur l’axe Ougarou-Boungou (le même axe) à l’est du Burkina (à plus de 100 km environ de Fada N’Gourma), le vendredi 30 novembre 2018.
En août 2018, un employé de Semafo ainsi qu’un sous-traitant ont notamment été tués lorsque l’autobus transportant des travailleurs avait été ciblé par des bandits. Cinq gendarmes ont perdu la vie lors d’une autre embuscade du même type toujours sur un convoi de la mine quelques jours plus tôt.

Les sites d’orpaillage ne sont pas épargnés par les terroristes. Le site de Kabonga dans la région de l’Est a été sous contrôle d’hommes armés non identifiés pendant plusieurs mois avant l’opération militaire (à Kabonga et Kompienbiga) en février 2019 qui a fait 29 terroristes tués.
La plupart de ces mines appartiennent à des sociétés du Canada, qui jusque-là, ne s’est pas impliqué dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

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