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Burkina-Sahel : 1300 ressortissants du Soum se réfugient à Ouagadougou

Ils n’en pouvaient plus. Face aux attaques et menaces terroristes répétées, quelque 1300 personnes ont fui les localités de Silgadji, Gassiliki et Arbinda (province du Soum, région du Sahel) pour se réfugier à Ouagadougou. Depuis dimanche 7 juin elles ont trouvé refuge dans l’arrondissement 9 de la capitale. Composés essentiellement de femmes et d’enfants, ces déplacés ont élu domicile dans des écoles des secteurs 38 et 40 de la ville dans des conditions difficiles. Notre reporter s’est rendu au niveau d’un des sites où se trouve une partie des déplacés pour faire le constat.

Assis sur des nattes et des tapis, les affaires entassées dans un coin à la porte d’une maisonnette inachevée, et majoritairement regroupés sous un arbre dans, les femmes et leurs enfants ont été accompagnés par quelques hommes. Tout comme ceux des 4 autres sites, ils n’avaient pas accès aux salles de classes lorsque lors du passage de notre reporter sur les lieux.

Fuir pour sauver sa peau

Saidou Ouédraogo originaire de la commune de Tongomael est l’un d’entre eux. Il dit être arrivé à Ouagadougou après 7 jours de longue attente.

« On a quitté chez nous il y a près de 7 jours, faute de camions, les gens sont nombreux. On a des affaires là-bas. On n’a pas rencontré de difficultés sur la route, Mais ici oui. Nos affaires sont dehors. Nous sommes à l’école mais les élèves poursuivent les cours. On est à l’air libre », a-t-il déclaré à radio Oméga.

Son camarade Salifo Sawadogo vient de Kelbo. Il dit être dans des difficultés depuis son arrivée.

« Mieux vaut venir mourir à Ouagadougou que de rester voir tuer les membres de ta famille ou toi-même. J’ai fait 9 jours avant d’arriver ici. Nous n’avons rien pour manger ni de natte pour dormir. J’ai 3 enfants qui sont malades. Mais je n’ai pas les moyens pour les soigner et je n’ai personne pour m’aider », a-t-il indiqué.

Plus nombreuses les femmes elles refusent de se confier à nous. La seule qui s’y prête. Awa Compaoré invite les autorités pour leur prise en charge : « Que les autorités nous aide avec de la nourriture et des habitations. Les pluies ont commencé alors qu’il y a des enfants et des vieilles. »

Le maire de l’arrondissement 9 lance un appel à l’aide

Albert Bamogo, maire de l’arrondissement 9 de Ouagadougou explique que des salles de classes ont été réquisitionnées, mais sont temporairement indisponibles.

« On a pu réquisitionner quelques écoles qui sont ne sont pas accessibles d’abord parce que les fondateurs sont pris par les examens du CEP mais des efforts sont en train d’être faits pour les soulager en attendant les mesures gouvernementales », a-t-il ajouté. Il souligne qu’il faut agir vite parce que ces personnes sont exposées et sont dans des zones à haut risque.

Il appelle également les habitants de son arrondissement à la solidarité. « J’invite ceux qui sont à côté des sites d’hébergement, d’être courtois, solidaires à l’égard des déplacés ne serait-ce que moralement et si possible financièrement parce que ce sont des parents. Ce sont des amis et j’appelle le gouvernement à nous apporter un soutien dans un bref délai ». Selon le maire Albert Bamogo, des convois de déplacés continuent de débarquer dans l’arrondissement.

Moumouni Yaro

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