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Burkina: il était une fois Yirgou

Huit mois après l’un des plus graves massacres du Burkina, les deux premières interpellations. Retour sur les faits. 
Il est autour de 7h30 ce 1er janvier 2019. Le chef de village Kouka Sawadogo, guérisseur traditionnel, est sur le site qui lui sert pour les rites coutumiers à 2 km de sa concession avec trois membres de sa famille (son fils aîné, un autre fils et son neveu) lorsque quatre individus armés à moto font leur arrivée sur les lieux. Ils demandent au chef d’après son premier fils qui est chef Koglweogo en langue mooré. Juste après les questions, ils tirent sur les quatre personnes qui meurent sur le champ. Un témoin informe aussitôt par téléphone les Koglweogos. Deux Koglweogo qui tentent de rejoindre le site sont abattus par les assaillants qui s’enfuient avec la moto du chef de village une moto non encore immatriculée de marque Sanili. La nouvelle se répand aussitôt dans le village que « le chef a été tué par des peulhs ». Le mot d’ordre est lancé, «plus de peulhs dans le village». Une véritable chasse à l’homme commence. Bilan des tueries de Yirgou ont fait 49 morts selon le gouvernement et 216 selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés, et plusieurs milliers de déplacés internes. De sources proches du dossier, Radio Oméga a appris qu’au moins 150 personnes ont été auditionnées et 130 présumés auteurs identifiés. Huit mois après les événements, deux chefs koglweogos de Yirgou ont été interpellés, avec l’aide de renforts venus de Ouagadougou et sont en phase d’audition.

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