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Burkina : De Dablo à Ouaga, le calvaire de déplacés internes

Dablo-Ouaga, environ 200km. Ils étaient une vingtaine au total à effectuer ce voyage. Ils ont décidé de tout abandonner pour sauver leur peau face aux menaces et attaques terroristes répétitives dont ils font l’objet dans leur localité d’origine, Dablo située au Centre Nord du Burkina.

Après de multiples périples lors de leur fuite, ils ont finalement trouvé refuge à Tengandogo (périphérie sud-ouest de Ouagadougou). Parmi eux, 15 sont des enfants et ont un âge compris entre 2 et 12 ans. Dans la capitale, ils ont eu un gite dans une zone non lotie située à Tengandogo l’un des 12 arrondissements de Ouagadougou qui enregistre depuis plusieurs mois une arrivée massive de personnes qui sont dans la même situation.

Ils disent avoir eu la maison grâce à l’intervention d’une connaissance d’un des déplacés qui s’est montré sensible à leur souffrance. A l’intérieur, des nattes, des moustiquaires, et quelques ustensiles de cuisines s’y trouvent.

Azèta Pafadnam, 45 ans, mère de 7 enfants fait partie de ces déplacés. Elle dit avoir fui Dablo, son village, dans la province du Sanmatenga avec ses enfants et des membres de sa belle-famille. L’air fatigué et avec une voix à peine audible, elle dit avoir parcouru plusieurs kilomètres à pied.

« Nous avons marché jusqu’à Barsalogho (67 km). Là-bas nous avons passé 3 jours. Nous avons vu que l’école (Ndlr où se trouvent des déplacés internes) était pleine. Nous avons passé 3 jours mais on ne nous a pas reçus. Personne ne nous a dit quelque chose aussi. Après avoir passé 3 jours à la belle étoile à Barsalogho, nous avons repris la route à pied. Nous sommes allés à Kaya (40 km de Barsalogho) et de Kaya, nous sommes arrivés à Ouagadougou avec un car ».

Au bord des larmes avec ses enfants assis à ses côtés, elle lance un appel à l’aide à toutes personnes qui peuvent les soutenir.

Le nombre de déplacés internes du fait de la situation sécuritaire est passé du simple au double entre janvier et mai 2019 (de 82 000 en janvier 2019 à plus de 192 000 en juin 2019), selon une évaluation conjointe faite par OCHA et le Conseil national des secours d’urgence.

Marina Traoré

Charles Dah

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