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8 mars 2019 : le GRAAD pour un commerce intracommunautaire plus bénéfique aux femmes dans les chaines de valeur

Le Groupe de recherche et d’analyses appliquées pour le développement (GRAAD) célèbre à sa manière le 8 mars 2019. À la veille de la célébration de la Journée internationale de la femme, le GRAAD a organisé le jeudi 7 mars à Ouagadougou une journée de réflexion.

Cette rencontre a réuni tous les acteurs impliqués à savoir les premières concernées qui sont les femmes commerçantes, des associations de femmes, l’Assemblée nationale à travers la responsable du Cocus genre, la député Rokia Rouamba et des chercheurs qui s’intéressent à cette question. L’objectif est d’échanger pour trouver des pistes de solutions pour promouvoir l’autonomisation de la femme à travers le commerce intracommunautaire au sein de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). 

« Pour que le commerce intracommunautaire bénéficie davantage à chaque femme dans les chaines de valeur », c’est sous ce thème que le Groupe de recherche et d’analyses appliquées pour le développement (GRAAD) a organisé cette journée de réflexion. À travers le choix de ce thème, le GRAAD entend mettre en exergue le rôle de la femme dans le secteur du commerce intracommunautaire au niveau de l’espace UEMOA, selon Damien Lankoandé, secrétaire exécutif du GRAAD.

« L’idée ici, c’est de célébrer cette journée de la femme mais dans un esprit de réflexion par rapport à une problématique particulière sur laquelle nous travaillons, c’est-à-dire la question de la place de la contribution de la femme au niveau du commerce intracommunautaire. Nous avons traité  essentiellement de la question du commerce transfrontalier avec l’idée d’évaluer cette contribution, de relever les difficultés. Au cours de nos travaux, en plus des concepts qui seront clarifiés, nous allons présenter les résultats de nos recherches et discuter avec les femmes commerçantes qui sont là et qui viennent des corridors. Nous allons valider les premiers constats que nous avons faits et nous allons aussi discuter des alternatives qui peuvent améliorer de manière significative la situation de la femme commerçante au niveau du commerce intracommunautaire », a précisé Damien Lankoandé, secrétaire exécutif du GRAAD.

La réflexion est menée parce qu’au cours de ses études, le GRAAD a identifié des obstacles qui freinent la pleine participation de la femme au commerce intracommunautaire.

« Lorsque vous regardez au niveau du commerce intracommunautaire transfrontalier, il y a une bonne représentativité de la femme car vous trouverez 55 % d’hommes et 45 % de femmes dans ce commerce qui mènent différentes activités. Lorsque vous regardez les gains qui sont produits dans les mêmes activités comparées, vous allez vous rendre compte que les hommes gagnent deux fois plus que les femmes. Cela s’explique par les investissements car beaucoup de femmes n’ont pas accès aux financements, elles n’ont pas les moyens pour acheter les marchandises en grande quantité et donc, elles sont obligées de rester dans le petit commerce. S’il est vrai que l’homme gagne deux fois plus que les femmes, force est de constater que, au niveau des dépenses dans les foyers,  les choses sont équilibrées car la femme participe au même titre que l’homme. Par exemple, si vous prenez l’éducation, la femme y participe à hauteur de 25 % et c’est le même apport chez l’homme. Il en est de même au niveau des autres postes de dépenses. Au niveau du commerce, on remarque que la femme est une aide réelle et idéale pour l’homme car lorsque l’homme est absent, elle le remplace mais nous n’avons pas constaté l’inverse au cours de nos études. Nous avons également identifiés des difficultés qui sont entres-autres le manque d’infrastructures hôtelières et de toilettes tout le long des corridors, l’accès des femmes aux crédits et le harcèlement financier », explique le secrétaire exécutif du GRAAD.

À cette journée d’échange, l’Assemblée nationale était représentée par la député Rokia Rouamba, responsable du COSSUS genre qui a déclaré que l’institution parlementaire soutenait cette initiative. « Nous saluons le GRAAD pour la tenue de cette journée de réflexion », a-t-elle dit. 

Les ministères du commerce et celui de la femme étaient également représentés à cette journée de réflexion. Pour les représentants de ces deux départements ministériels, l’initiative est à saluer à sa juste valeur. Ils ont remercié le GRAAD de les avoir associés à la rencontre et ils ont promis que chaque ministère va jouer sa partition pour une pleine participation de la femme au commerce intracommunautaire dans l’espace UEMOA.

Le Groupe de recherche et d’analyses appliquées pour le développement (GRAAD) a été créée en 2010. Il est spécialisé dans la recherche, la formation et le dialogue politique. Il a pour but d’analyser, d’informer/former et d’orienter. Ses axes de recherches sont l’éducation aux MCP, l’emploi des jeunes et l’économie verte. Ses domaines de compétences sont les études, la recherche, l’appui/conseil, la conception/ gestion de projets et la formation.  Depuis sa création, le GRAAD Burkina a déjà exécuté 7 projets, obtenus 4 prix, fait 15 publications et a à son actif 25 références de recherches/ études stratégiques.    

Judith Traore

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