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Procès putsch de 2015: « le rapport de force n’était pas en notre faveur » (colonel major Raboyinga Kaboré, témoin)

Chef d’état-major de l’armée de terre au moment des faits, le colonel major Raboyinga Kaboré a expliqué à la barre qu’il n’a jamais été question pour les chefs militaires de soutenir le coup de force du général Gilbert Diendéré.

« Pourquoi les chefs militaires n’ont pas pu alors organiser l’arrestation du Général ? », lui demande le parquet. Le témoin rétorque que le rapport de force qui existait à ce moment-là n’était pas en leur faveur. D’après lui, les chefs militaires voulaient surtout que le général se rende compte lui-même qu’il était sur la mauvaise voix, parce que le souci de la hiérarchie était d’assurer la sécurité de la population et de leurs frères d’armes.

Par ailleurs chargé du désarment du RSP intervenu le 29 septembre 2015, le colonel major Raboyinga Kaboré dit s’être rendu à la première région militaire du pays (Kaya), pour encourager la garnison qui s’y trouve à rejoindre la capitale. Lorsque les garnisons venues de différentes régions militaires sont arrivées dans la capitale, les chefs militaires les ont approvisionnées en munitions, en armes et provisions alimentaires, raconte le témoin.

Le témoin a également reconnu avoir participé à une rencontre qui a eu lieu le 17 septembre 2015. En se rendant à cette rencontre, il confie avoir été témoin d’exactions faites à l’endroit des populations. Il affirme qu’« en tant que responsables il était difficile de regarder ce qui se passait » donc que lorsqu’il est arrivé au lieu de la rencontre il a pris la parole pour dire qu’il fallait que le commandement du RSP fasse arrêter ces exactions. Le témoin poursuit que le Général Gilbert Diendéré a rassuré qu’il allait prendre les dispositions qu’il fallait. Et d’après lui, les chefs militaires avaient suggérer que les FDS s’occupe de la protection des civiles en lieu et place des éléments du RSP.

Réagissant aux propos du témoin, le colonel-major Boureima Kiéré et le Général Diendéré ont précisé que la première intention des chefs militaires était de dissuader les garnisons de descendre sur Ouagadougou, et que c’est plus tard qu’ils ont récupéré le mouvement.

L’audience a été suspendue et reprend le mercredi 20 février 2019.

Alinta Ouédraogo

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