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Procès putsch de 2015: « Le parquet n’a pas détaillé les faits reprochés à notre client »(avocats Colonel major Boureima Kiéré)

Les avocats du colonel-major Boureima Kiéré ont tenté de démontrer ce mercredi 10 juillet l’absence d’éléments de preuves contre leur client accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres et coups et blessures volontaires.

Me Dieudonné Bonkoungou rejette tous les faits évoqués par le parquet militaire comme étant constitutifs d’infractions. Exemple, la signature de la proclamation de prise du pouvoir par le CND. « Proclamation dont la CRAD a eu la primeur », précise l’avocat.

« Le colonel-major a signé la proclamation, c’est vrai, mais la CRAD l’a écoutée et amendée ». Il se demande pourquoi son client est le seul membre de la CRAD poursuivi. Pour lui, la prise de pouvoir a été collégialement décidée par la hiérarchie militaire lors de la réunion dans la nuit du 16 au 17 septembre.

Cette hiérarchie, qui n’a pas été inquiétée pour avoir mis un hélicoptère à disposition, à la demande du général Gilbert Diendéré pour aller chercher du matériel de maintien de l’ordre à la frontière ivoirienne. Pourtant le major Kiéré est poursuivi pour avoir été celui qui a désigné le capitaine Gaston Ouédraogo pour exécuter cette mission, à la demande de toujours du général Diendéré. 2 poids, 2 mesures selon Me Dieudonné Bonkoungou, Me Michel Traoré et Me Mireille Barry qui estiment que rien de tout cela ne peut être retenu contre leur client. Ils sont tous revenus sur le fait que leur client a reçu 6118 appels et sms provenant entre autres de personnes diverses dont Salifou Diallo, Roch Kaboré, Zephirin Diabré, Safiatou Lopew demandant son aide pendant le putsch. Qui demande de l’aide à son bourreau ? n’a pas manqué de demander Me Bonkoungou.

Pour ce qui concerne les meurtres et coups et blessures volontaires, les avocats présentés comme des conséquences prévisibles de l’attentat à la sûreté de l’Etat par le parquet les avocats pointent simplement son incapacité du parquet à démontrer et rattacher des actes matériels à leurs responsables. Qui a tiré, qui a tué, qui a blessé ? Ce sont les questions que Me Bonkoungou pose en soulignant que son client est aussi innocent que le général Pingrenoma Zagré (ex CEMGA) et le colonel Palé (chef d’état-major de l’armée de l’air). Les trois avocats plaident logiquement l’acquittement, contre une réquisition du parquet militaire qui réclame 5 ans de prison avec sursis pour l’accusé. Me Barry fera d’ailleurs remarquer que la peine de 5 ans avec sursis équivaut à une radiation des effectifs de l’armée pour leur client.

En fin de journée, c’est Alexandre Sandwidi qui a pris la parole, pour sa plaidoirie en faveur du Sergent-chef Roger Koussoubé. Touareg, comme beaucoup l’appellent s’est vu requérir 25 ans de prison ferme par le parquet. Pour son avocat, Koussoubé est victime d’un acharnement. Vendredi, il pourra exposer plus amplement ses arguments pour tenter de le tirer d’affaire.

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