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Procès putsch de 2015: « Je regrette sincèrement mon acte » (Abdoul Karim Baguian dit Lota)

Premier civil à comparaître devant le tribunal depuis le début du procès du putsch de septembre 2015, Abdoul Karim Baguian reconnait avoir été de ceux qui ont frappé Nicolas KABORE, garde du corps de Roch Kaboré à l’hôtel Laïco.

« Je suis vraiment peiné, j’ai honte et je regrette d’avoir donné des coups à Nicolas Kaboré. En toute sincérité il ne m’a rien fait. Il ne m’a pas adressé la parole », a indiqué à la barre Abdoul Karim Baguian.

Militant du CDP, M. Baguian dit s’être rendu ce jour-là à l’hôtel Laico pour apprendre une bonne nouvelle. « Une loi dit chérif a été votée, elle excluait une partie des Burkinabè dont mon parti, le CDP .On a fait recours et la CEDEAO nous avait donné raison. Quand j’ai appris que les présidents de la CEDEAO venaient au Burkina Faso, je me suis dit que c’était pour donner la bonne nouvelle « , a précisé l’accusé qui explique les raisons de sa présence à l’hôtel Laico le jour de l’agression.

Dans ses procès-verbaux lus par le parquet, Nicolas Kabore explique avoir été battu par des militaires et des jeunes du CDP. « Je suis arrivé à l’hôtel Laïco avec mon patron quand on avançait, j’ai entendu des militants du CDP dire « C’est son fils là comme ça, il ne faut pas le laisser ». Lota, est ce que c’est lui là ? « . Et sur place, ses interlocuteurs ont commencé à le donner des coups de poing et des coups de pieds. La victime précise aussi que ses agresseurs ont cassé trois de ses cotes et fracturé certaines parties de son corps. Et actuellement, il dit ne plus pouvoir être en mesure d’exercer son travail de garde-corps.

Lota soupçonné d’avoir fait partie de ceux qui ont saccagé et brûlé le domicile du défunt président de l’Assemblée nationale Salif Diallo

Outre l’agression du garde-corps de Roch Kaboré, Abdoul Karim Baguian dit Lota est aussi soupçonné d’avoir participé au saccage et à l’incendie du domicile du défunt président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo. Il ne reconnait pas ces faits et dit s’y être rendu le 17 septembre pour demander la libération des jeunes de son quartier qui avaient été arrêtés. Selon l’accusé, le domicile a été incendié le 18 septembre, date à laquelle il dit avoir accompagné son ami à la frontière du Ghana.

Pourtant plusieurs témoins dans le dossier affirment l’avoir vu au domicile du défunt président de l’Assemblée nationale, selon le tribunal. A ce titre, Abdoul Karim Baguian est convaincu qu’il est victime d’une machination de la part de ses « détracteurs ».

« Je suis politicien, j’ai été victime, mes détracteurs ont tout fait pour qu’on m’arrête. Ils ont fabriqué des témoins pour me charger », a déclaré Lota. Il ajoute que « Salif Diallo est une bête politique qui n’accepte pas que quelqu’un ait une autre position que lui. », estime l’accusé. Son avocat Me Latif Dabo a abondé dans le même que son client. Il explique que certains des témoins travaillaient avec Salif Diallo et d’autres ont eu des antécédents avec Lota.

Mordu par un serpent à la maison d’arrêt et de correction des armées (Maca)

Abdoul Karim Baguian a été mordu par un serpent alors qu’il était détenu à la maison d’arrêt de correction de Ouagadougou depuis son inculpation pour coups et blessures volontaires, détérioration volontaire aggravé de biens.

Depuis lors, l’accusé se déplace désormais à l’aide d’une béquille alors qu’il dit être un amoureux du football. Il dit avoir joué au Santos FC et faisait partie de l’Union des supporters des étalons et bien d’autres structures. L’ai un peu résigné, il pense que ce qui lui est arrivé c’est une punition divine. « Si je n’avais pas frappé cet homme je suis sûre que je n’allais pas vivre cette situation « , a-t-il indiqué.

Je ne suis pas un mauvais garçon

Abdoul Karim Baguian a également rappelé qu’il n’est pas un bagarreur ni homme violent comme certaines personnes pourraient le penser. « Je ne suis pas une tête brûlée, je ne suis pas un mauvais garçon. J’ai plus de 8000 visiteurs à la Maco, si j’étais une mauvais, personne n’allait venir me voir « , a-t-il précisé. Il dit avoir compris beaucoup de choses en prison. « Je remercie mes détracteurs car en m’envoyant en prison, ils m’ont permis de me remettre en cause, découvrir le côté obscur de la vie et de me forger « , a-t-il indiqué.

A la fin de son interrogatoire, il a tenu à saluer la mémoire du défunt président de l’Assemblée nationale Salif Diallo et regrette qu’il ne soit pas là pour savoir qui a effectivement incendié son domicile.

Faridah Elodie Sawadogo

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