Home > Politique > Procès putsch de 2015 : « Je n’ai jamais échangé avec Maturin Bako » (Gilbert Diendéré, accusé)

Procès putsch de 2015 : « Je n’ai jamais échangé avec Maturin Bako » (Gilbert Diendéré, accusé)

Président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) au moment des faits, Maturin Bako a expliqué ce lundi à la barre en tant que témoin qu’un groupe de militaires commandé par le colonel Deka a forcé la porte d’entrée d’un de leurs bureaux, afin d’avoir accès à des matériels pour localiser la radio de la résistance d’où étaient lancés des appels à la résistance au coup d’Etat. Selon l’ex président de l’Arcep, ils étaient une quinzaine de militaires présents ce jour-là (le 17 septembre 2015) dans leurs locaux.
Le témoin raconte que les fantassins, lourdement armés l’ont contraint ainsi que deux autres de ses collègues (Jérémie Ouédraogo et Seydou Yao) à montrer où se trouve le matériel afin qu’ils puissent l’utiliser. Après avoir su où se trouvait la radio, le colonel Deka a donné à l’ordre à ses hommes de se rendre à la radio de la résistance en compagnie des deux agents de l’Arcep présents (Jérémie Ouédraogo et Seydou Yao). Le but de la mission était faire tout pour que la radio de la résistance cesse d’émettre. « La radio a été finalement localisée au niveau de Savane FM. Le matériel a alors été emporté pour être remis au colonel Déka », raconte le témoin. Pendant ce temps, lui, il était resté à l’état-major particulier de la présidence avec le colonel Déka.
Maturin Bako a également expliqué que le 16 septembre aux environs de 20h30, quelqu’un l’a appelé. Par son intermédiaire, le général Diendéré lui a demandé s’il était possible de couper les SMS, il a répondu qu’il était difficile de trouver des agents à cette heure de la soirée pour le faire. Le général a donc raccroché.

Le général Diendéré dément les propos du témoin

Appelé à la barre, le général Diendéré a battu en brèche les propos du président de l’ARCEP et brandit des alibis. Selon lui, il n’a jamais échangé avec Maturin Bako sur la question des sms, en tout cas pas le 16 septembre vers 20h30. Il dit qu’à cette heure il était en réunion avec les chefs militaires et que matériellement, il ne pouvait pas le faire.

Dans le procès-verbal d’audition du colonel Déka, lu par le parquet, le général Diendéré a communiqué avec le président de l’ARCEP le 16 septembre.

L’interrogatoire du témoin a été suspendu et reprend le mardi 12 février 2019 à 9h au tribunal militaire.

Samira Guiré

Laisser un commentaire