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Procès putsch de 2015 : « J’ai juste demandé ce qu’on voulait faire les matériels » (sergent-chef Ali Sanou, accusé)

Le procès du putsch de 2015 s’est poursuivi ce 8 février 2019 avec l’audition de deux témoins. Le colonel major Salif Tinguéri alors chef de la commission chargée du désarmement de l’ex RSP après le coup d’Etat et le Lazare Tarpaga contrôleur général de la police et directeur général de la police nationale au moment des faits.

Le colonel Major Salif Tinguéri a été interrogé sur le processus de désarmement de l’ex RSP et l’enlèvement du matériel militaire au Camp “Naba Kom 2” où étaient retranchés des soldats de l’ex RSP. Le témoin a expliqué que l’enlèvement du matériel débuté le 25 septembre 2016 a été instruit par le chef d’état-major général de l’armée le général Pingrenoma Zagré.

Il précise qu’au cours de la mission, un groupe de militaires s’est opposé à l’enlèvement du matériel. Il ajoute qu’ils ont même été menacés à l’aide d’armes et que certains même de ses éléments ont été agressés physiquement, séquestrés et leurs téléphones retirés. “Il a fallu l’intervention du sergent-chef Roger koussoubé et du Capitaine Zoumbri pour qu’ils puissent continuer la mission”, ajoute le témoin.

À ce propos, le parquet demande au témoin, « seriez-vous à mesure d’identifier ses éléments qui s’opposait ? Le colonel major répond que « non » et ajoute qu’il n’y avait que des sous-officiers et des militaires de rang.

Au deuxième jour de l’enlèvement du matériel c’est-à-dire le 26 septembre, la mission conduite par le capitaine Abdoul Aziz Ouédraogo a été sommée par le sergent-chef Ali Sanou et un certain DA, de retourner avec le matériel alors que les éléments se trouvaient à la sortie du palais de kossyam.

Le sergent-chef Ali Sanou conteste ces propos

Appelé à la barre par le président du tribunal pour être confronté aux propos du témoin, le sergent-chef Ali Sanou dit ne pas se reconnaitre dans ce que raconte le colonel Major Salif Tinguéri.

« Mon président j’ai 19 ans de service, je n’ai jamais été sanctionné durant ce temps-là, ce n’est pas mon comportement de lever le ton devant mon supérieur », a-t-il déclaré à la barre. Il dit ne pas se reconnaitre parmi les éléments qui s’opposaient à l’enlèvement du matériel. Il dit qu’il a juste demandé au capitaine Abdoul Aziz Ouédraogo ce qu’il voulait faire de leur matériel.

« Avez-vous été mis au courant quand le matériel a été affecté au RSP ?», lui demande le parquet.

« Je ne peux pas répondre à cette question », rétorque le témoin.

« Donc vous ne pouvez pas vous opposer au désarmement ? », demande de nouveau le parquet militaire.

Samira Guiré

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