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Procès putsch de 2015: « Il y a des gens qui manquent à la barre » ( Me Mireille Barry)

Mercredi, le colonel major Boureima Kiéré reconnaissait devant le tribunal qu’en signant la déclaration portant le général Gilbert Diendéré à la tête du CND, il avait accompagné le mouvement(le coup d’État). Michel Traore, l’un des trois avocats de l’accusé a tenté vendredi matin de situer le contexte dans lequel son client a apposé sa signature. Pour lui, le colonel major n’avait pas le choix.

 » Il y avait un élément armé dans la Salle, le bâtiment encerclé et sa famille qui logeait au conseil de l’entente était gardé par des éléments du RSP. La situation sécuritaire était délicate et tout le monde faisait semblant », explique-t-il.  » On ne commandait plus rien, et il pouvait avoir des éléments incontrôlés surtout qu’on n’avait pas un visage clair des preneurs d’otages », ajoute Me Traore.

Il ne manque pas d’indiquer que la signature de son client n’était pas déterminante pour asseoir le pouvoir du général puisque selon lui, la proclamation du CND qui a été lue bien avant ne portait pas de signature.

Me Mireille Barry également conseil de du colonel major Boureima Kiéré a passé 2 heures et demi au micro a tenté de prouver l’innocence de son client. Elle évoque les déclarations du chef d’état-major général des armées d’alors qui disait :  » il fallait faire en sorte de ne pas mettre la vie des otages en danger » pour justifier la façon diplomatique dont la crise a été gérée. Pour Me Barry il est donc normal que son client ait prit les dispositions pour se protéger.

En ce qui concerne la mission à la frontière ivoirienne pour récupérer le matériel de maintien d’ordre coordonnée par le colonel major Kiéré, Me Barry déclare qu’il s’agissait d’une mission de l’armée.

 » L’armée était au courant », précise-t-elle. Elle en veut pour preuve l’hélicoptère de l’armée de l’air mis à la disposition du capitaine Gaston Ouédraogo pour la mission. Elle continue pour dire que l’armée a effectivement assurer le maintien d’ordre à la demande du général Diendéré. Pour appuyer ses propos, Me Barry affirme que le chef d’état-major général des armées a envoyé des éléments stopper les troupes qui montaient sur Ouagadougou. Des faits confirmés selon elle par l’ancien premier ministre Isaac Zida lors de l’instruction qui disait que Pingrenoma Zagré l’a informé que le mouvement vers la capitale est  » l’initiative de jeunes » et tout ce qu’il a pu faire c’est de les mettre en contact avec le commandant Abdoul Aziz Korogho. L’auxiliaire de justice conclut en disant que si tout cela n’est pas de l’accompagnement, les actes de son client ne sauraient être considérés comme tels. « On dit que nous sommes là pour faire le procès du putsch mais vous vous rendez compte qu’il y a des éléments qui manquent à la barre. On est en train de faire le procès du RSP », martèle-t-elle.

Pour les messages reçus du général Vagondo Diomandé, chef d’état-major particulier de la présidence ivoirienne, elle précise que son client n’y a jamais répondu et même certains n’ont pas été lus.

Faridah Elodie Sawadogo

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