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Procès putsch de 2015 : fin d’audition de l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo

Fin d’audition de l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo. Pour ce 2e jour, le témoin est revenu entre autres sur les conditions de négociation de l’asile du général Gilbert Diendéré à la nonciature le 29 septembre 2015.

Tout semble avoir été organisé dans l’après-midi du 29 septembre 2015. D’après les explications de l’ancien Président et ancien membre du cadre de concertation des sages Jean-Baptiste Ouédraogo, il a appelé le général Diendéré ce jour-là sur proposition du CEMGA pour lui suggérer d’appeler ses hommes à déposer les armes et se rendre.

Les discussions ont duré plus d’une dizaine de minutes, jusqu’aux premiers tirs d’obus sur le camp «  Naaba Koom 2 ». Mais la préoccupation principale du chef du CND était comment garantir sa sécurité s’il décidait de se rendre. Jean-Baptiste Ouédraogo explique que la 1re option était qu’il se rende à l’ambassade américaine qui se trouve à quelques encablures de la Présidence du Faso. Mais Tulinabo Mushingi après avoir pris contact avec Washington a opposé un refus à la demande. C’est alors qu’il propose la nonciature comme 2e option. Selon Jean-Baptiste Ouédraogo, ils ont tous les 2 joués de leurs contacts pour obtenir l’accueil du général dans cette enclave diplomatique en fin d’après-midi. Cette version n’a pas été contredite par le général, mais celui-ci donne une autre description des faits, notamment pour ce qui concerne l’ambassade américaine. Il dit avoir été informé par l’ambassadeur Mushingi qu’une réunion était prévue avec le CEMGA Zagré et le secrétaire général du Ministère de la défense à 15 h. C’est ainsi qu’il s’est rendu sur place mais à sa grande surprise le diplomate répond au téléphone qu’il est chez lui et que les 2 autres avaient refusé de venir, au motif je cite « qu’ils sont en train de faire leur travail de militaires ».

Diendéré a alors rebroussé chemin, pour se retrouver dans la villa dans laquelle il s’était retranché. C’est là qu’il échangera avec l’ancien Président Ouédraogo qui lui proposera la nonciature. « Ne sachant pas ce qui se passait exactement et sachant que les tirs pleuvaient sur le camp Naaba Koom je me suis dirigé vers la nonciature », a conclu le général. Il y restera 2 jours, avant son arrestation par la gendarmerie. Gilbert Diendéré il faut le rappeler a répété lors de son audition qu’il n’a jamais tenté de fuir.

La notion de réconciliation nationale a aussi été évoquée au cours du témoignage de l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo.

Faut-il parler de réconciliation nationale dans un procès pénal comme celui-ci ? Au début de son audition, l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo avait émis le souhait que ce procès puisse en ouvrir la voie. Un propos que le général Gilbert Diendéré et ses avocats ont salué. Me Jean Dégli loue la sagesse du témoin et insiste sur la nécessité de réconcilier les Burkinabè après ces événements. Il déclare à l’endroit du Tribunal : « ce n’est pas parce qu’on crie vengeance qu’il faut le faire. Certains crient clémence, pardon, dans un pays ce sont toutes ces voix qu’il faut écouter ». Mais pour Me Prosper Farama, ce n’est pas le lieu. « Nous ne sommes pas à une conférence nationale souveraine », dit-il avant d’ajouter : « Un procès ne prépare jamais une réconciliation nationale ».

Pour Me Guy Hervé Kam, la défense demande au Tribunal de rendre une décision politique. Me Olivier Yelkouni est revenu à la charge pour rejeter ces propos. L’accusé Moussa Nébié dit Rambo, lui, s’est dit déçu du développement de Me Farama. « Je me sens déjà condamné », a-t-il regretté.

Abdoul Fhatave TIEMTORÉ

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