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Procès putsch 2015:«Le coup d’État est orphelin, il n’a ni père ni mère» (Me Prosper Farama)

Me Prosper Farama, avocat de la partie civile, a déclaré être d’accord avec le général sur certains points de ses déclarations. « Mon général, je suis d’accord avec vous quand vous dites de libérer les petits, et de ne condamner que vous seul parce que de mon point de vue, les petites mains qui exécutent sont plus excusables que les grands cerveaux. Ce langage est cohérent et je suis d’accord avec vous « , a-t-il expliqué. 
Mais l’avocat évolue en fait dans un style dont il a seul le secret : il met d’abord l’accusé à l’aise avant d’assener ses vérités. Il ne manque d’ailleurs pas de relever des incohérences dans la position de l’accusé :  » Mon général vous dites de libérer les autres mais vous ne dites pas que c’est vous le coupable. Dans ce cas on se retrouverait dans un coup d’État orphelin, il n’a ni père ni mère. Ce n’est pas un langage acceptable ». 
Par la suite, l’avocat de la partie civile s’engage dans une démonstration pour prouver que le Général est bel et bien le cerveau ayant conçu ce coup. Il fait recours au procès-verbal du général lors de son audition à la gendarmerie. 
« Vous avez déclaré que les commanditaires seraient un noyau de sous-officiers qui après coup sont venus vous chercher. Et vous expliquez qu’auparavant ils vous avaient demandé de prendre vos responsabilités et vous avez dit que ce n’est pas opportun la première fois. La deuxième fois ils sont venus vous chercher vous avez accepté donc c’était opportun. Vous voulez aussi vous dédouaner en disant que le coup d’État n’a pas été préparé mais il  faut faire une différence entre préparation et préméditation. Je reconnais que « votre coup d’État était mal préparé mais il n’en demeure pas moins prémédité », a exposé l’avocat. 
La réponse de l’accusé ne se fera pas attendre.  » On s’acharne sur le PV de la gendarmerie alors que j’ai eu au total 7 PV mais je suis très touché que vous soyez d’accord avec moi sur certains points », laisse entendre Gilbert Diendéré. 
 » Votre audition spontanée est plus sincère pour moi que les autres faites des mois après avoir réfléchi « , rétorque Me Prosper avant de poursuivre avec ses questions. 
« Pourquoi ceux qui font un coup d’État portent des armes », demande l’avocat. 
 » Je ne veux pas répondre à cette question » refuse le Général.
Me Prosper Farama continue.  » Est-ce que donner l’ordre de faire un coup d’État est un ordre militaire ? »
«Je ne sais pas si c’est un ordre militaire  » réagit le général. 
 » Que le général devant la nation, devant des officiers et sous-officiers, hommes du rang nous disent qu’il ne sait pas si un coup d’état est un ordre militaire, que Dieu nous protège ! » conclut Me Farama. 
Un « amen » se fait entendre dans le public et le général Diendéré de dire « inch’Allah ».

Faridah Élodie Sawadogo

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