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Procès putsch 2015-lecture d’éléments sonores : le général Diendéré dénonce un « acharnement »

À la suite de la lecture de la première série d’éléments sonores de l’audience du lundi, le général Gilbert Diendéré a dénoncé ce qu’il qualifie de « tout comme un acharnement ». Lors de son passage à la barre, Diendéré avait dit avoir conversé avec certaines personnalités. Entre autres personnalités, il citait l’ancien président Baptiste, le Moogh Naaba, le cardinal Philippe Ouedraogo, l’ambassadeur de France.

« Si vous dites que les éléments que vous passez ici ce sont mes communications, pourquoi mes communications avec les personnalités ne ressortent pas dans les éléments ? », questionne le Général. Pour lui, si toutefois on lisait ces communications, on comprendrait mieux et le tribunal trouverait des éléments à décharge contre lui.

La partie civile saisit aussitôt l’opportunité, car cela fait un moment que le général n’a pas fait d’observations sur les écoutes. « Si le général dit qu’il n’a pas entendu des éléments à décharge contre lui, cela veut dire qu’il reconnaît sa voix. C’est le manque d’éléments à décharge qui lui pose problème » selon Me Awa Sawadogo.

Me Pierre Yanogo abonde dans le sens de sa consœur en ajoutant que « c’est un aveu que le général venait de faire, car il ne conteste pas éléments ». « Diendéré parle des éléments du 16 au 25, mais ne dit rien concernant les éléments du 25 au 29 », affirme Me Yanogo.

La défense ne passera pas sur les propos tenus par l’avocat Pierre Yanogo. « Nous sommes étonnés, mais nous comprenons le jeu de la partie civile », déclare Me Latif Dabo qui ne manque pas d’interpeller le tribunal sur des incohérences dans les détails de certains éléments sonores. « Quand la technique fait défaut, ce ne sont pas des actes factuels qui peuvent expliquer cela », dit l’avocat au parquet qui a tenté d’expliquer ces incohérences.

« Tout ce débat est derrière nous », dit le parquet sur l’authenticité des écoutes. « Le parquet n’a jamais crée une pièce pour l’inclure dans les éléments. C’est le juge d’instruction qui a convié aux enquêteurs sur commission rogatoire de trouver des éléments qui aideront à comprendre et à mieux connaitre ce qui s’est passé » ajoute le parquet. Et répondant à l’acharnement dont fait cas le général Diendéré, le parquet indique que si ces communications ne sont pas ressorties, cela signifie simplement que ce sont des communications qui n’ont rien avoir avec le putsch.

Avant la suite de la lecture de la prochaine série des 10 communications, Me Dabo a tenu à demander de façon courtoise à la partie civile et même au parquet de bien vouloir arrêter de semer « la zizanie et la cacophonie » entre les avocats de la partie civile. « Que chacun poursuit celui qu’il doit poursuivre, et qu’on nous laisse défendre celui qu’on doit défendre » a-t-il conclu.

L’audience se poursuit.

Mohamed Nakanabo

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