Home > Politique > Procès putsch 2015 : « Le procès pénal a un effet dévastateur sur notre armée » (Djibril Bassolé)

Procès putsch 2015 : « Le procès pénal a un effet dévastateur sur notre armée » (Djibril Bassolé)

Le général Djibril Bassolé n’aurait pas choisi la voie du procès pénal pour régler les problèmes causés par le coup d’Etat de 2015. Il l’a dit à plusieurs reprises le mercredi 9 janvier 2019, à ses avocats et au parquet. Il dit être convaincu que ce n’est pas la bonne voie.

« Si j’étais responsable de cette armée je n’aurais pas réglé le problème de cette façon. Le procès pénal a un effet dévastateur sur notre armée », a-t-il déclaré. Il explique que toutes les générations sont présentes à ce procès. Du grade de général à celui de soldat. En plus, dit-il, « la fine crème de l’armée est représentée au niveau des témoins cités ».

Il poursuit « le procès dure depuis un an bientôt, mais la procédure dure depuis 4 ans. Toute l’armée est suspendue à l’issue du procès. Actuellement l’armée n’est plus concentrée. Sinon l’ennemi actuel n’est pas hors de portée de notre armée. Mais elle n’est pas concentrée ».

Parlant des ex-éléments du RSP, il dit avoir des informations selon lesquelles ils sont indexés par les autres soldats comme des ennemis, ou même comme des complices des terroristes. Ce qui empêche l’armée d’être efficace selon lui. « Voici les conséquences des poursuites engagées par la hiérarchie militaire », conclut-il.

S’adressant aux autorités du pays, il lance : « entre 2 maux, il faut pouvoir choisir le moindre ». Mais il explique cette situation par le jeu des acteurs politiques. « Les confrontations politiques nous ont fait beaucoup de torts. Surtout que ces confrontations sont intervenus à l’intérieur de l’armée ». Il en veut pour preuve le bras de fer entre le général Honoré Traoré et le lieutenant-colonel Isaac Zida au départ de Blaise Compaoré, ainsi que toutes les crises qui ont suivi au sein de l’armée.

Même si le général Bassolé est très bavard sur ce sujet, il prend une toute autre posture quand il s’agit des écoutes téléphoniques. Mais sa défense continue de réclamer la source et les conditions d’obtention de ces éléments sonores. Le parquet assure que cela est mentionné dans le dossier. Ces enregistrements ont été fournis par les OPJ de la gendarme nationale dans le cadre d’une Commission rogatoire. Mais Bassolet réagit : « ne mêlez pas les OPJ dans vos affaires. Ils n’ont rien fait. On est venu leur donner des enregistrements, on leur a dit de mettre ça dans le dossier, et ils ont mis ». Qu’à cela ne tienne, ces fichiers font partie du dossier et méritent qu’on en parle, selon le parquet militaire.

Abdoul Fhatave Tiemtoré

Laisser un commentaire