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Procès Putsch 2015: le coup de fil du Général Bassolé au lieutenant-colonel Paul Damiba

Le Colonel major Pierre Sanou premier a passé à la barre a pris part aux différentes réunions de la CRAD le 16 et 17 septembre 2015. Sa narration des faits est pratiquement la même que celle des autres témoins qui disent avoir pris part à cette réunion.

Le colonel major Sanou apporte toutefois des précisions. Selon lui à l’ouverture de la réunion du Crad le 17 septembre, par le chef d’état-major général des armées d’alors le général Zagré a annoncé général Diendéré comme président du CND. L’assemblée s’est donc mise debout pour l’accueillir. Toujours selon le témoin, la Crad a refusé d’assumer le coup et a demandé au général Diendéré de s’assumer pour éviter le chaos.

Après son récit des faits le général Diendéré a tenu à dire merci au témoin pour sa franchise. Le troisième témoin a passé à la barre est le lieutenant-colonel Paul Damiba. Ex-élément du Rsp au moment des faits, il était chef de corps basé à Dori. Mais le jour du coup d’Etat il était à Ouagadougou pour prendre part à un atelier sur la sécurisation des élections. Il a été appelé à rejoindre son poste compte tenu des événements. Il est revenu le lendemain pour rencontrer le général Diendéré à qui il avait envoyé un SMS pour comprendre la situation. Celui-ci lui a juste demandé de repartir à son poste et qu’il passerait par la voie hiérarchique pour le joindre s’il y a lieu. Le parquet militaire a posé des questions au témoin sur un coup de fil que le général Diendéré lui aurait passé le 26 septembre pour savoir s’il était en mouvement sur Ouagadougou pour aider à rétablir la situation.

Le lieutenant-colonel Paul Damiba après avoir écouté la retranscription de l’enregistrement de l’appel qu’il a reçu du général Bossolé rejette certaines phrases qu’il aurait tenues. Selon cette retranscription le lieutenant-colonel avait un projet de mouvement sur Ouagadougou et ne semblait pas surpris de l’appel. Il justifiait le fait qu’il n’avait pas encore fait mouvement par le fait qu’il n’avait pas l’intégralité. Ce que rejette le témoin qui affirme que le général lui a juste demandé s’il venait en renfort à Ouagadougou et il a répondu que non. Ainsi aurait pris fin la communication.

Des soldats du RSP ont cassé une porte à la radio savane FM, raconte le témoin Jérémie Ilboudo

Le dernier a passé être entendu ce mardi 5 mars 2019 par le tribunal Jérémie Ilboudo agent de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Il affirme avoir été joint le 18 septembre 2015 par le président de l’Arcep d’alors, Mathurin Bako pour avoir des informations sur la fréquence radiophonique 108 qui diffusait des appels à la résistance au coup d’Etat.

Il poursuit qu’une équipe de militaire est venue le chercher à son domicile afin d’en savoir plus sur cette fréquence. Ayant affirmé qu’il n’était pas la personne indiquée pour cette localisation, les militaires se sont donc mis à la recherche d’un contrôleur en l’occurrence un certain Yao.

Celui-ci joint au téléphone donne de mauvaises informations sur l’emplacement de son domicile. Mais finalement il est retrouvé. Alors s’en est suivie des menaces des éléments de l’ex RSP. L’émetteur est par la suite localisé à la radio savane Fm.

Toujours selon lui, les éléments du RSP ont alors cassé la porte pour embarquer le matériel avant de déposer les agents de l’Arcep chez eux. Après le passage de ce témoin.

L’audience a été suspendue et reprend le mercredi 6 mars 2019 avec l’interrogatoire du témoin Jérémie Ilboudo.

Denis Zoungrana

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