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Procès putsch 2015 :Djibril Bassolé rejette des enregistrements sonores l’incriminant

Le général de gendarmerie Djibril Bassolé a rejeté lundi les enregistrements sonores l’incriminant. Elles concernent une centaine de conversations au total, dont celle échangée avec le président de l’assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro.

Dans cette communication, il est question de frapper des points stratégiques du pays pour désorganiser l’armée et permettre au RSP de reprendre le dessus. Les deux interlocuteurs parlent aussi d’un appui financier à apporter aux éléments putschistes pour les encourager à résister.

Le général de gendarmerie qualifie ces enregistrements de « sauvages, fabriqués et manipulés ».

« Comment peut-on accorder du crédit à ces enregistrements dont le parquet aura du mal à nous dire d’où ils viennent, qui les a enregistrés ?», a-t-il demandé. Il défie le parquet militaire d’en préciser la source : comment il a obtenu ces enregistrements, qui les a faits, comment il les a faits, et comment ces audios se sont retrouvés sur internet ?

Ces questions n’ont pas obtenu réponse au niveau de l’accusation, mais le procureur tente de lever le doute sur l’authenticité de ces fichiers en s’appuyant sur la conclusion du rapport d’expertise versé dans le dossier à la disposition du juge, je cite : « les analyses acoustiques et linguistiques n’ont produit ni indice, ni trace d’un trucage ou montage ».

Djibril Bassolé répond : « dans le fond l’expert allemand reconnaît que votre affaire-là provient d’internet. Et si ça vient d’internet, pour nous la question est réglée. Parce que sur internet, toutes les manipulations sont possibles ». Il ajoute que l’expertise privée engagée par sa défense a révélé que ces fichiers ont été truqués.

Mais lorsque le parquet aborde le contenu de ces écoutes, le général se mure derrière cette phrase : « je ne souhaite pas faire le moindre commentaire sur ces enregistrements dont je sais qu’ils ne sont pas fiables ». Le procureur rappelle cependant que la défense du général Bassolé a eu l’occasion de faire des recours pour demander l’annulation de ces pièces mais sans succès. Ils se sont ensuite résolus à lire tous seuls les contenus de ces écoutes.

Aux interpellations du parquet, l’accusé a rappelé quelques fois qu’il ne répondra pas, parfois, il est même resté muet. Et il a fini par dire : “si je dois être condamné, que je le sois, mais qu’on sache que j’ai été condamné pour des écoutes fabriquées. Que l’opinion sache que je n’ai rien fait. Et c’est justement parce que je n’ai rien fait qu’on m’oppose les écoutes téléphoniques. Il n’y a rien d’autre”.

Abdoul Fhatave Tiemtoré

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