Home > Politique > Procès du putsch : le général Diendéré fait réagir la salle

Procès du putsch : le général Diendéré fait réagir la salle

Le général Gilbert Diendéré ne reconnaîtrait-il pas son propre ordinateur ? C’est en tout cas ce qu’a laissé penser le chef du CND le mardi après-midi à la présentation de l’ordinateur sur lequel une déclaration du Comité patriotique national pour la démocratie(CPND) avait été retrouvée lors de l’enquête.

Une scène qui a fait s’exclamer l’auditoire du Tribunal militaire. Il s’agit du 3e scellé présenté par le parquet militaire. Un ordinateur HP noir contenant la déclaration du CPND du 6 septembre 2015, supposé appartenir au général Gilbert Diendéré. L’accusé est donc appelé à la barre. L’appareil lui est présenté, puis au Tribunal, aux différentes parties au procès, ainsi qu’à l’assistance. « Reconnaissez-vous cet ordinateur??  », lui demande le président du Tribunal.

« Je ne suis pas sûr de reconnaitre cet ordinateur parce que rien dessus ne me montre que c’est le mien », rétorque le général Diendéré. L’étonnement s’entend dans le public qui s’exclame. Les avocats du général prennent la parole et soutiennent leur client. Selon Me Olivier Yelkouni, le bordereau de réception du greffe central du parquet parle d’un « ordinateur HP », alors que le procès-verbal de la gendarmerie mentionnait plutôt un ordinateur HP Elitebook. Des variations que Me Latif Dabo ne trouve pas fortuites.

Mais pour un membre du parquet : « c’est bonnet blanc, blanc bonnet ». L’essentiel ici est qu’il s’agit bien d’un ordinateur de marque HP. Le général Diendéré réplique : « cet ordinateur n’est pas le seul ordinateur qui existe dans le monde ». La salle devient bruyante. Certains n’hésitent pas à chuinter. Le juge demande le silence avant de donner la parole à Me Séraphin Somé des parties civiles. Celui-ci demande à nouveau à ce que l’appareil soit présenté au général, cette fois-ci de plus près. Golf, comme on l’appelle, prend l’ordinateur, le regarde furtivement et dit, s’adressant à son interlocuteur : « Me Somé, j’ai l’appareil dans les mains, je l’ai sous les yeux. Mais je ne peux pas reconnaître cet ordinateur ».

Les réactions reprennent dans le public et parmi les journalistes. Des rires mais aussi des interjections de désapprobation. L’avocat fait alors un commentaire ces termes : « l’accusé a bien reconnu son appareil. Mais son attitude participe juste d’une façon de se défendre » Me Michel Somé n’entend pas le laisser dire. Il estime que son confrère fait des affirmations gratuites.

Abdoul Fhatave Tiemtoré

Laisser un commentaire