Home > Politique > Procès du putsch : Chériff Sy ancien président du CNT à la barre

Procès du putsch : Chériff Sy ancien président du CNT à la barre

Perçu comme ayant été le symbole de la résistance au coup d’Etat de septembre 2015, Chériff Sy, actuel ministre de la défense et ancien président du conseil national de la transition(CNT) a comparu ce mercredi matin en tant que témoin. À la barre, il confie ce qu’il a vécu lors des évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants.

Tout de blanc vêtu, comme à son habitude, celui qui a été le temps de quelques jours président de la Transition par intérim raconte que dès qu’il a été informé de l’arrestation des autorités le 16 septembre 2015, il a tout de suite compris qu’il s’agissait d’un coup d’Etat. Chose confirmée le lendemain 17 avec la proclamation du CND. C’est alors que le président du Parlement d’alors entre en résistance selon ses termes.

À une question du Procureur, il déclare :«  je ne sais pas à quel moment le pouvoir était vacant. Ils avaient arrêté le Président de la Transition. Ils avaient arrêté le Premier ministre. De facto, j’assumais les fonctions de Président du Faso ». L’une des armes de la résistance était sans doute la radio 108 (Radio de la résistance) dont le mystère a toujours été gardé. Chérif Sy en donne quelques informations : «  Ce sont des activistes qui ont mis cette radio en place comme outil de lutte. Cela permettait de passer non seulement mes messages, mais aussi ceux d’autres acteurs de la société civile. Je n’étais ni l’artisan, ni le concepteur de quoi que ce soit », explique-t-il.

Même s’il reconnaît avoir été le symbole de cette résistance du haut de ses fonctions de président intérimaire. Il explique que la radio a émis en deux phases. Pour sa première phase, c’est elle qui émettait à partir de la radio Savane FM. Puis, le matériel de cette station a été détruit. L’émission de la 108.0 est alors déplacée dans un lieu que jusque-là le témoin n’a pas dévoilé.

Autre sujet abordé, les menaces proférées contre sa personne dans une communication présumée entre Guillaume Soro et le général Djibril Bassolé. Le témoin confirme ces menaces en déclarant : «  Guillaume Soro m’a envoyé son chargé de communication. Guillaume Soro et moi on s’est rencontré à Paris lors d’une conférence. C’est Soro lui-même qui me l’a dit ». Il ajoute : «  il m’a dit qu’au moment où il tenait ces propos, il ne me connaissait pas ». Selon Chériff Sy, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne de l’époque a voulu en discuter après la conférence en question. Mais il lui aurait répondu que s’il voulait en parler, il devait venir à Ouagadougou. La discussion s’en est arrêtée là.

Abdoul Fhatave Tiemtoré

Laisser un commentaire