Home > Politique > Nouveau processus d’expulsion des USA : «C’est la peur, c’est la trouille chez les 11 millions de clandestins» (Idriss Fall, rédacteur en chef VOA)

Nouveau processus d’expulsion des USA : «C’est la peur, c’est la trouille chez les 11 millions de clandestins» (Idriss Fall, rédacteur en chef VOA)

Désormais, il y a un élément nouveau dans la politique d’immigration des Etats-Unis selon le rédacteur en chef de la voix de l’Amérique (VOA), Idriss Fall. : «Ce qui est complètement nouveau c’est qu’on accélère la procédure pour expulser les sans-papiers. Le ministre de la sécurité intérieure, John Kelly a donné les consignes hier pour que les agents du service de l’immigration en fonction et les douaniers puissent décider dans l’exercice de leur fonction d’expulser les sans-papiers, sans passer par les juges.

C’est ça qui est nouveau, suivant la gueule du client, un fonctionnaire de l’immigration peut décider qu’on va expulser quelqu’un, c’est ce qui sème la panique un peu partout parce que tout le monde peut devenir une cible d’expulsion maintenant sauf les jeunes qui sont venus ici légalement avec leurs parents qu’on appelle les ‘dreamers’ et à qui Obama avait offert un permis temporaire de séjour. Pour le moment eux ils ne sont pas concernés.»

Pas de chiffres exacts de ressortissants dans les ambassades africaines A l’en croire, tous les autres, soit 11 millions de clandestins risquent d’en subir les frais même si au plan pratique pour expulser onze millions, «ça ne se fera pas d’un seul coup». Idriss Fall qui confie s’être entretenu avec des diplomates africains, révèle la difficulté pour les ambassades africaines d’avoir les chiffres exacts de leurs ressortissants : «Quand on voit le nombre de Sénégalais qui sont inscrits sur la liste à Washington, ils ne dépassent pas cinq mille, par contre quand on arrive à New York, il y a des gens qui parlent le wolof, un peu partout, on se croirait dans les rues de Dakar.

New York est une ville presque sénégalaise. Vous avez entendu parlé d’un coin a appelé ‘Little Senegal’. C’est ça la difficulté.» Normalement, explique le rédacteur en chef de VOA, dans les procédures antérieures pour expulser un Burkinabè, un Sénégalais ou un Malien, les autorités de l’immigration devaient demander un papier de confirmation aux consulats de ces pays : « Mais j’ai cru comprendre que les consulats africains ont commencé à recevoir de la pression de l’administration Trump pour qu’ils puissent faire les papiers (laissez-passer, ndlr) afin qu’on puisse accélérer le processus d’expulsion. On n’a pas un nombre exact de familles africaines, mais les services de l’immigration eux ils savent parce que la plupart des gens viennent avec un visa touriste ou ils sont invités par un copain et ils restent. »

«Si Dieu veut qu’on s’en aille, on partira…» Foi d’Idriss Fall, la psychose est générale : « C’est la trouille, c’est la peur ! Hier, j’ai parlé avec des Maliens sans papiers, eux ils s’en remettent à Dieu, c’est-à-dire le dernier recours, l’ultime recours : si Dieu veut qu’on s’en aille, on partira. Imaginez-vous quelqu’un qui a quitté son village du Burkina qui vit aux Etats-unis depuis 25 ans et demain on le remet dans l’avion et on le ramène au Burkina Faso ! Imaginez-vous quelqu’un qui a abandonné le Sénégal et vit aux Etats-Unis illégalement depuis vingt ans et certains ont des enfants qui sont nés Américains, on les prend on les remet dans l’avion ! Non c’est la peur, c’est l’angoisse !»

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