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Méningite : anticiper la riposte pour sauver des vies

Un sujet d’actualité dans le Bulletin de santé de ce 19 décembre : la méningite, maladie grave et potentiellement mortelle qui reste une préoccupation au Burkina.

La méningite est un sujet d’actualité car nous sommes dans la saison à risque et car la semaine dernière, lors du Conseil des ministres, il a été question d’un plan de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie en 2019 au Burkina Faso. C’est l’occasion de rappeler ce qu’est la méningite et pourquoi il faut se préparer pour y faire face. Certains se souviennent peut-être de l’épidémie de 1996 qui avait fait près de 4 000 morts. Depuis 2010, on peut se réjouir d’une diminution des cas au Burkina. Mais la vigilance reste de mise : en 2016, le district sanitaire de Batié avait été touché par une épidémie. En 2017, sur l’ensemble du territoire, la méningite avait fait 205 morts, selon les chiffres du Ministère de la santé.

Une maladie potentiellement mortelle

Rappelons que la méningite est une maladie grave qui peut être mortelle. Elle touche avant tout les enfants. Il y a différentes causes de la méningite, du virus à la bactérie en passant par des champignons mais retenons que les méningites bactériennes sont les plus fréquentes au Burkina et qu’elles sont les plus graves. Sans traitement, elles sont mortelles dans 50% des cas. Qui dit épidémie dit maladie contagieuse : elle se transmet par les airs à travers les sécrétions, par exemple quand on tousse ou qu’on éternue. On parle de « méningite » car la maladie touche les méninges. Ce sont de fines membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. La méningite, quand elle ne tue pas, peut entraîner des séquelles, notamment rendre sourd, muet ou encore causer des troubles mentaux.

Contre la méningite, les bons réflexes

Le premier de tous les réflexes pour prévenir la méningite sera, pour les parents, de faire vacciner leurs enfants. Un vaccin, le MenAfriVac, a été introduit au Burkina en 2010 et depuis 2017, il fait partie de la vaccination de routine. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, son action aurait presque supprimé la méningite de type A en Afrique subsaharienne. C’est cette méningite A qui avait causé l’épidémie meurtrière de 1996. Un autre vaccin contre un autre type de méningite a également été introduit dans la vaccination de routine. Il est essentiel de respecter tous les rendez-vous de la vaccination. Trop d’enfants burkinabè y échappent. Pour prévenir la méningite, il faut aussi tenir compte du climat. Nous sommes dans la saison à risque : le vent est sec, il dessèche l’intérieur du nez et les muqueuses respiratoires. Fragilisées, elles laissent passer les germes plus facilement. Protégeons-nous donc de la poussière avec des cache-nez lavés très régulièrement et un peu de beurre de karité dans les narines.

Des symptômes qui doivent alerter

Contre la méningite, il existe des traitements, notamment des antibiotiques, mais encore faut-il consulter dès les premiers signes. Car la méningite est une urgence médicale. Si votre enfant se plaint de maux de tête ou s’il a de la fièvre, il faut aller consulter sans hésiter. Il peut aussi avoir des douleurs à la nuque ou encore vomir. Plus le traitement est mis en place rapidement, plus les chances qu’il réussisse sont grandes. Chez l’enfant comme chez l’adulte, il faut donc ne pas négliger les signes et réagir très rapidement.

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