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Lutte contre les MGF: Amnesty International appelle les autorités burkinabè à prendre des mesures concrètes

Dans un communiqué publié mercredi l’ONG Amnesty International a appelé les autorités du Burkina à prendre des mesures concrètes pour protéger les filles des conséquences désastreuses des mutilations génitales féminines et à mettre un terme aux mariages forcés. Cet appelle s’inscrit dans la cadre de la célébration de la journée internationale des filles célébrée jeudi 11 octobre 2018.

«Le cas récent de 48 filles atteintes de complications montre que les autorités doivent adopter une position beaucoup plus sévère à l’égard des MGF, notamment en diffusant des informations sur les droits en matière de sexualité et de procréation et en veillant à ce que leurs auteurs soient traduits en justice», estime l’ONG. En septembre, 48 filles, dont 10 de Kaya (Centre-Nord) et 38 de Ouagadougou, la capitale, ont subi des complications suite aux MG.

«Bien que les mutilations génitales féminines soient interdites au Burkina Faso, la pratique reste répandue et se déroule souvent dans des conditions insalubres et déplorables», a déclaré Yves Boukari Traoré, directeur exécutif d’Amnesty International au Burkina Faso.

Selon l’ONG, cette pratique est une cause majeure de décès et d’invalidité chez les femmes et les filles au Burkina Faso. Citant les résultats d’une Enquête multisectorielle (EMC), elle précise qu’en 2015, 67,6% des femmes burkinabè âgées de 15 à 49 ans ont déclaré avoir subi une mutilation génitale.

 

La pratique des MGF est illégale au Burkina

 

La pratique des MGF est illégale au Burkina Faso depuis 1996, rappelle Amnesty international.  « En vertu du Code pénal, les tribunaux peuvent imposer des peines privatives de liberté allant jusqu’à 21 ans pour les personnes reconnues coupables et une amende de 750 à 4 500 euros (500 000 FCFA et 3 millions FCFA) », précise-t-elle.

Cette pratique est également reconnue comme une forme de violence à l’égard des filles et des femmes en droit international. Elle est explicitement interdite par le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique (Protocole de Maputo), ratifié par le Burkina Faso en 2006.

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