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Décès MDL Yassia Sawadogo : Simon explique son absence à l’enterrement et les difficultés pour l’évacuation

«Les autorités du ministère de la Sécurité n’ont pas été compatissantes», c’est ce qu’a confié Issa Nézian, oncle du défunt au journal L’Observateur Paalga. Le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, a répondu dans les colonnes du quotidien ce jeudi :
«Ce matin (Ndlr : mercredi 30 août 2017) en écoutant la radio, j’ai pris connaissance des propos de l’oncle du vaillant maréchal Yassia Sawadogo.

Dans ce que j’ai pu entendre, l’on estime que le fait que je n’ai pu assister à l’enterrement traduit un manque de compassion ou de reconnaissance de la part du ministère. C’est pénible pour moi d’entendre de tels propos. Cela ne me ressemble pas du tout… Ceux qui me connaissent suffisamment savent que mon éducation ne peut me permettre pareille attitude. Si de telles déclarations se font, c’est peut-être parce qu’il manque un certain nombre d’informations aux uns et aux autres que je tiens à donner ici.

J’étais absent à l’enterrement du MDL Yassia Sawadogo parce que je n’étais pas informé de la date jusqu’à mon départ pour Ouahigouya pour les préparatifs des obsèques de Salif Diallo. C’est une fois là-bas que j’ai été joint par mon directeur de cabinet aux environs de 13h qui m’a appris que l’enterrement a été décidé ce jour même pour 15h. Me connaissant et me sachant capable de mettre le cap sur Ouagadougou de toute urgence pour y assister mes collaborateurs restés à Ouaga m’en ont dissuadé eu égard aux éventuelles conséquences d’un tel retour précipité. Ils m’ont assuré qu’ils allaient être à l’enterrement avec une délégation pour représenter le ministère. Ce qui fut fait… Si l’on fait un retour sur le jour de l’attentat, j’étais l’un des premiers sur les lieux de l’attaque, le 13 août dernier. Avec le chef de l’unité d’intervention, nous avons été aux côtés de l’équipe des opérations.

A la fin, quand j’ai appris qu’un élément, en l’occurrence le MDL Yassia Sawadogo était compté parmi les blessés, je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour le voir. C’est quelqu’un que je connaissais bien et pour qui j’avais beaucoup d’estime, parce qu’il avait conduit récemment une mission avec succès. Alors, pourquoi ne pas vouloir être à son inhumation ? A l’hôpital Blaise-Compaoré où je me suis rendu, j’ai trouvé que le blessé était en réanimation et l’on interdisait les visites. J’ai salué des membres de sa famille qui étaient présents sur le lieu. Sur mon insistance, j’ai été autorisé à voir le patient et j’ai pu rencontrer les médecins qui m’ont fait le point de sa situation.

Le problème qui se posait n’était pas celui d’un avion comme le proche du défunt le pense. La seule difficulté qui se posait était que l’état du blessé ne permettait pas une évacuation. Il fallait que son état se stabilise avant que cela soit possible. Nous n’avons cessé de donner des instructions en ce sens… Quand nous avons rencontré les familles des blessés et des victimes à la mairie, nous sommes revenus sur ce cas et avons répété que le chef de l’Etat en personne a donné des instructions pour que dès que l’état du malade permettrait une évacuation, cela se fasse. Le président a même mis son médecin personnel à disposition, rien que pour le cas de ce jeune gendarme… Comment peut-on tenir des propos comme ceux qu’on entend aujourd’hui? Quand le moment a semblé opportun pour l’évacuation, l’avion médicalisé est arrivé. Mais Yassia Sawadogo n’était pas transportable. Sa situation ne se stabilisait pas. Il saignait toujours. En matière d’évacuation, nous avions beaucoup d’options avec les autorités tunisiennes qui nous ont même proposé des avions médicalisés pouvant transporter plusieurs personnes s’il y avait d’autres cas similaires. Le cas de Yassia Sawadogo urgeait beaucoup ; mais la question de la stabilisation de son état était plus urgente que celle de l’avion pour son évacuation. Il n’était pas question de faire venir un avion et de ne pas savoir à quel moment l’évacuation allait être effective. Ce sont des appareils qui beaucoup sollicités et bougent beaucoup. Ils ne peuvent être réquisitionnés ou stationnés pour un cas d’évacuation. Le problème était que le blessé n’était pas transportable. C’était l’avis des médecins soignants et même du médecin tunisien qui était venu avec l’avion médicalisé.»

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