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Cour pénale internationale : Ce qui attend Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

L’invité de la rédaction de 28 janvier 2016, est le porte-parole de la Cour pénale internationale (CPI) Fadi El Abdallah, interrogé depuis la Haye par Albert Nagréogo. Il explique comment va se dérouler le procès de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, ancien leader de la jeunesse ivoirienne ce 28 janvier 2016.

Radio Omega : Bonjour Fadi El Abdallah

Fadi El Abdallah : Bonjour

Radio Omega : Le procès de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien et Charles Blé Goudé s’ouvre aujourd’hui. Comment va se dérouler ce procès ?

Fadi El Abdallah : Il y aura un rappel des charges et par la suite les juges vont poser les questions aux accusés s’ils plaident coupables ou non. S’ils plaident non coupables, il y aura le début des déclarations liminaires avec le bureau du procureur qui prendra plus ou moins quatre heures, puis dans la journée ou le lendemain, une heure pour les représentants légaux des victimes qui sont parties dans cette affaire pour faire leurs remarques. Chaque équipe de la défense aura plus ou moins trois heures pour faire sa déclaration. Les déclarations liminaires visent tout simplement à faire les grands contours ou les grandes lignes de l’affaire du point de vue des parties et des participants. C’est uniquement après ces déclarations que peuvent intervenir, soit lundi, soit plus tard. Le bureau du procureur commencera à présenter des preuves. ce qui durera certainement plusieurs mois.

Radio Omega : Pourquoi la Cour pénale internationale a décidé de joindre ces deux procès et les ouvrir le même jour?

Fadi El Abdallah : Cette question de joindre les deux affaires a été décidée il y a plusieurs mois. En effet, l’idée principale c’est que les charges portées contre les deux accusés sont très sensiblement similaires. Les éléments de preuves qui seront présentés devant les juges sont également très similaires. Par économie d’énergie pour tout le monde, il a été décidé de joindre ces deux affaires pour permettre la présentation des témoins et des éléments de preuves et permettre une procédure plus rapide.

Radio Omega : Combien de temps pourrait durer ce procès qui démarre aujourd’hui?

Fadi El Abdallah : C’est très difficile de le dire. Chaque affaire a ses propres circonstances. Il n’y a pas une mesure qui détermine en général quelle devrait être la durée d’un procès. Dans ce cadre-là sa durée dépendra du nombre de témoins qui seront appelés à être présents par chacune des parties. Cela dépendra de la demande des parties et du temps nécessaire qui leur sera imparti par les juges. Mais ce sera plusieurs mois pour la présentation des éléments de preuves du bureau de procureur et très raisonnablement la même chose pour la défense.

Radio Omega : Quel est le nombre de témoins qui doivent intervenir dans ce procès ?

Fadi El Abdallah : Madame le procureur a indiqué aujourd’hui qu’elle entend appeler 183 témoins composés d’experts, des personnes du camp des accusés. Cela va se présenter de la façon dont le bureau du procureur entend le faire et des mesures de protection qui  vont être adoptées.

Radio Omega : On apprend que Fatou Bensouda, le procureur de la CPI et d’autres juges devraient faire un déplacement sur Abidjan. Est-ce que vous confirmez?

Fadi El Abdallah : Non. Les juges ont indiqué que c’est une possibilité qu’une visite sur le terrain ait lieu une fois qu’il considère que le bureau du procureur a présenté une certaine quantité d’éléments de preuves qui permet de rendre une telle visite utile. Mais il n’y a pas encore de décision de faire ou non la visite et à quel moment.

Radio Omega : Les accusés sont-ils obligés  d’être présents à toutes les séances?

Fadi El Abdallah : En principe oui, sauf si les juges décident d’exempter un accusé pour toute raison que le juge décide valable.

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