Home > Politique > Burkina: Eddie, Roi du CDP

Pour un peu on se croirait à l’époque médiévale et à une bataille pour la conquête d’un château fort estampillé CDP. Le maitre du château ayant été contraint à l’exil, ses héritiers se livrent une guerre acharnée pour prendre possession. Et pour l’instant, un prétendant a réussi à littéralement défénestrer ses adversaires, il s’agit d’Eddie Komboigo.
C’est un véritable turn over qui a été opéré dimanche au sein du CDP avec 17 membres exclus et 10 suspendus. Des caciques comme Léonce Koné, Salia Sanou, Mohamadi Lamine Kouanda, Rasmané Daniel Sawadogo ont été purement et simplement mis à la porte. D’autres poids lourds comme Boureima Badini, Juliette Bonkoungou, Yahaya Zoungrana, Salam Dermé, Alpha Yago, sont privés de participation à la vie du parti pour 6 à 12 mois. Concrètement, ils ne pourront pas intervenir dans le choix du candidat de l’ex parti au pouvoir à la présidentielle de 2020.
Eddie Komboigo reprend donc seul les rênes du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en écartant tous ceux qui par voie de presse ou devant la justice ont remis en cause son hégémonie.

Deux questions se posent avec cette nouvelle configuration :

1. Qu’en pense le président fondateur du CDP, Blaise Compaoré ?

Bien sûr, l’ex président du Faso et président d’honneur du parti, Blaise Compaoré, comme à son habitude, va certainement se murer dans son silence abidjanais mais on note qu’avant ce congrès du bâton sur les récalcitrants, Eddie Komboigo lui a rendu visite, histoire d’avoir sans doute son onction.

2. Que vont donc faire ou devenir les «bannis» ?

Déjà certains d’entre eux ont confié à radio Oméga vouloir ester en justice et s’expliquer à la presse dans les jours à venir. Mais au regard du statut qu’avaient certains dans le parti et du fait qu’ils sont aussi sanctionnés pour avoir apporté leur soutien à la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo, on ne peut s’empêcher de penser qu’il n’est pas exclu que l’on assiste prochainement à la naissance d’un «parti des exclus du CDP». Un fort parfum de scission plane en tout cas sur l’ex-parti au pouvoir surtout que l’on garde encore en mémoire que c’est à la suite d’un « congrès-sanction » de ce genre au même CDP qu’est né le MPP. La suite on la connait. Et l’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter surtout lorsqu’on ne tire pas toutes les leçons du passé.

Hyacinthe Sanou

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