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Burkina : des réfugiés demandent à être installés dans un autre pays

Une soixantaine de réfugiés urbains ont élu domicile devant la représentation du HCR au Burkina Faso depuis un mois maintenant. Ces réfugiés de sept pays différents (Centrafrique, Tchad, Congo Brazzaville, RDC, Burundi, Rwanda, Togo) exigent leur réinstallation dans un autre pays.

Des matelas et nattes déposés à même le sol, des moustiquaires attachés comme dans une chambre, la scène ne passe pas inaperçue dans le quartier Gounghin de Ouagadougou. A quelques mètres de l’école nationale de Police, des réfugiés urbains observent une manifestation pacifique illimitée. Installés devant les locaux du HCR, ils dénoncent une mauvaise gestion des ressources allouées à l’Etat burkinabè chaque année pour leur venir en aide.

Pour leur porte-parole, Nicodème Nniyonkuru, les fonds que reçoivent les autorités pour s’occuper d’eux ne leurs parviennent pas. « Le Burkina Faso reçoit de l’argent pour nous gérer. Malheureusement on ne voit rien. On se retrouve sans assistance à l’éducation, sans assistance à la subsistance et sans assistance au logement. On est obligé de vivre une vie indigne », a indiqué le porte-parole.

A ces conditions de vie pénibles, s’ajoute la difficulté d’accès au travail, selon Nicodème Niyonkuru.

« La majorité des réfugiés urbains n’ont pas un travail digne qui peut les insérer localement. Par exemple les femmes, elles sont obligé de se prostituer. Par exemple moi j’ai des diplômes de master mais tu es obligé de faire quelque chose tu vas gagner par exemple 10 000 fcfa dans un mois. Ça ce n’est pas possible ».

Depuis un mois qu’ils dorment dans la rue, exposés aux moustiques et aux intempéries ils avouent n’avoir pas encore été approchés par des autorités. Pourtant, ces réfugiés ne comptent pas baisser les bras. Ils entendent poursuivre leur manifestation jusqu’à ce qu’ils soient réinstallés dans un autre pays.

« Nous voulons la réinstallation dans un pays tiers. Seule la réinstallation peut soulager de nos misères. Ici nous vivons des misères inhumaines », ont-ils ajouté.

Marina Traoré


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