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Burkina : Bilan Opération Otapuanu : « Ceux d’en face qui sont des Burkinabè n’auront plus la liberté d’agir « (Gal. Moïse Miningou, CEMGA)

C’est par une minute de silence en mémoire de 7 de leurs compagnons d’armes tombés au cours de l’opération Otapuanu et des victimes militaires et civiles du terrorisme qu’a débuté le point de presse bilan de l’opération Otapuanu. Sous la tente dressée pour l’occasion à l’intérieur du camp du 34e régiment inter armes de Fada N’Gourma, le chef du théâtre de l’opération, le Gal de Brigade Moïse Miningou avec à ses côtés la hiérarchie militaire est face à une vingtaine de journalistes. En plus des 7 militaires tombés, on apprend que 9 autres ont été blessés au cours de l’opération Otapuanu (pluie de feu ou foudre en langue nationale gulmancéma).

D’entrée de jeu, le chef d’état-major général des armées (CEMGA) souligne que l’objectif principal qui était de  » restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du pays  » a été atteint. Trois phases ont été observées pour ce faire : la reconnaissance offensive, la stabilisation de la zone et la consolidation. Se disant satisfait des résultats obtenus, Moïse Miningou a également traduit sa reconnaissance au chef suprême des armées, salué l’engagement des éléments sur le terrain et remercier le Bénin, le Niger, le Togo et la force Barkhane pour leur collaboration (la force française aurait aidé notamment à l’évacuation des blessés). Débute la phase des questions-réponses au cours de laquelle le CEMGA visiblement à l’aise pour son premier exercice médiatique du genre depuis sa prise de fonction n’a pas hésité à repousser par deux fois la limite des questions.

– Qu’en est il donc des pertes du côté des ennemis?? « Il y a eu des neutralisés mais permettez-moi de ne pas donner des chiffres car nous combattons contre des frères. Ce sont des Burkinabè. L’essentiel a été atteint », répond Moïse Miningou.

– Mais comment juger de la réussite de l’opération sans chiffres et donc sans preuves??

« Il est difficile de se juger soi-même. Je vous invite à rentrer dans les villages qui ont été concernés par l’opération. Vous verrez que les populations vaquent librement à leurs occupations. Il y a une centaine d’écoles qui rouvert leurs portes et des agents de l’Etat qui ont repris service. Des habitants ont même offert des bœufs aux soldats. Juste pour vous donne une idée », persiste le CEMGA qui indique néanmoins une centaine de personnes interpellées.

– Qu’est ce qui est prévu pour la durabilité des résultats engrangés ? La relève d’Otapuanu sera assurée par les éléments du bataillon Badenya 6 rentrés du Mali, foi du général Miningou qui n’exclut l’éventualité d’autres opérations du genre : « Tout le bataillon est déployé dans la zone d’opération Otapuanu et va travailler à la consolidation de la sécurité. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de d’événements malheureux car le risque zéro n’existe pas mais ceux d’en face n’auront plus la liberté d’agir. »

– Quid des accusations d’exécutions sommaires au cours de l’opération ? – « Chez nous, il n’y a pas eu d’exécution sommaire?! » -« Je peux vous affirmer que nous n’avons pas eu d’exécution sommaire ! » -« Nous on ne fait pas d’exécution sommaire?! » « Rassurez-vous, l’armée burkinabè ne fait pas d’exécution sommaire?! »

Par quatre fois, le Chef d’état-major général des armées indique que chez eux, il n’y a pas d’exécution sommaire, « sinon, la prison de haute sécurité qui compte plus de 700 détenus et les prisons de gendarmerie ne seraient pas aussi pleines « . Puis il a réagi à des infos qui lui seraient parvenues : « J’ai entendu également qu’il y a eu des tirs sur femmes et enfants. Je tiens à préciser que nous ne tirons jamais sur les hameaux de culture. Nos tirs ont été concentrés sur les forêts classées repères de terroristes et interdites aux habitations. Au niveau de l’armée burkinabè, la
Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) est prise en compte. En face ce sont des Burkinabè, ce n’est pas avec joie que nous les neutralisons, car ce sont des bras qui auraient pu servir à construire le pays. »

– Le couvre-feu en vigueur va-t-il être donc levé ? « Ce n’est pas nous mais le gouverneur qui a instauré le couvre feu. Il a eu des réaménagements. Sil juge qu’actuellement la situation le permet, c’est à lui de le lever. N’oubliez pas que l’État d’urgence est toujours en vigueur »

C’est par des mots doux à l’endroit de la presse que le CEMGA va clore son point de presse : « il n’y a pas de problèmes entre la presse et nous, c’est juste une question de compréhension des contraintes à notre niveau. Nous sommes des partenaires, nous ne pouvons pas réussir notre mission sans l’apport de la presse »

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