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Tchad : l’adoption du code électoral par l’Assemblée Nationale divise les acteurs politiques

L’adoption du code électoral par l’Assemblée Nationale divise les acteurs politiques de l’opposition et de la majorité présidentielle. Un code qui valide l’âge minimum à 45 ans pour être candidat à la magistrature suprême. Pour beaucoup, ce code est un frein démocratique qui exclut une bonne catégorie de la population tchadienne du système de gouvernance. Au micro de notre correspondant, quelques hommes politiques ont réagi sur cette question de code électoral.

« Le régime sait qu’aujourd’hui la jeunesse est remontée. Si on permet aux jeunes d’être candidats aux élections présidentielles, Deby ne pourra pas gagner les élections, c’est la raison pour laquelle l’âge a été porté à 45 ans », a déclaré Dr. Nasra Djimasngar, secrétaire général du parti nouveau jour, un parti politique de l’opposition.

En dépit de la hausse de l’âge pour être candidat à la présidentielle, toute candidature indépendante doit recueillir préalablement 40 mille signatures et payer la caution aux législatives qui est fixée à 250 mille fcfa par candidat. A cela, s’ajoute le mode de scrutin qui ne favorise pas l’émergence des petits partis politiques.

Brice Mbaimong Guembaye, président du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République estime lui aussi que ce code électoral est taillé sur mesure par le parti au pouvoir. Selon lui, « c’est un code électoral fabriqué avec les artifices de manipulation qui consiste simplement à faire reconduire le MPS non seulement dans son exécutif mais aussi dans son législatif. Nous déterminons qu’il s’agit d’un système de confiscation du pouvoir ».

Le secrétaire national aux affaires juridiques et politiques du parti au pouvoir Jean Bernard Paradé, quant à lui, précise que la caution de 25 millions de fcfa est instaurée pour éviter les candidatures fantaisistes et non pour écarter les potentiels adversaires.

« Dire que cette loi est taillée sur mesure n’est autre que la preuve grotesque d’une mauvaise foi qui dénote en réalité une construction binaire de la démocratie dans notre pays. Quelqu’un qui aspire véritablement à diriger peut-être en mesure de réunir les 25 millions, donc on ne cherche pas de poux sur la tête d’un chauve, si on n’a rien à dire vaut mieux qu’on se taise », a indiqué M. Paradé Le code fait également obligation à tout parti politique d’être implanté dans 12 provinces sur 23 avant de prétendre participer aux élections.

Abba André Dieudonné N’Djamena pour Radio Oméga

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