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Tchad : deux OSC poursuivent devant la CPI les anciens chefs d’Etat centrafricain François Bozizé et Michel Djotodia

Au Tchad, deux organisations de la société civile poursuivent les anciens chefs d’Etat centrafricain François Bozizé et Michel Djotodia ainsi que leurs ex-responsables de guerre respectifs, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Après avoir jugé recevable la plainte de ces organisations la CPI a dépêché à N’Djamena deux de ces avocats pour auditionner les victimes plus 8 000 identifiées par ces organisations.

Ces organisations ont porté plainte contre les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia ainsi que les ex-responsables de Séléka et anti-Balaka pour des « graves » exactions perpétrées contre les civils centrafricains de 2013 à 2014.

Djida Oumar Mahamat secrétaire général du réseau des ADH se réjouit de l’aboutissement de ce dossier après 5 ans environs de lutte. « C’est vraiment une fierté pour nous parce que cela fait plus de 4 à 5 ans que les victimes des atrocités de la Centrafrique attendent impatiemment ce moment-là. Et nous allons mettre tout le paquet possible pour fournir le maximum de preuves possibles avec nos avocats à la Cour pénale internationale(CPI), pour que les victimes rentrent dans leur droit. Nous sommes des défenseurs de droit de l’homme, nous défendons toutes les victimes, centrafricaines ou tchadiennes », a indiqué l’avocat.

Zoulia Ousmane originaire de Bangui a été victime de viol collectif. Au micro de radio Oméga, elle se souvient encore de ce qui lui est arrivé. « Ce sont des armées rebelles qui sont venus chez nous à bord de deux véhicules. Ils étaient trois, ils ont tapé ma mère avec une ceinture et elle tombée. Il y a un autre qui m’a giflé et je suis tombée et il m’a violé. Et quand il s’est levé, il y a l’autre qui m’a violé encore. Ils ont gâté ma vie. Deux personnes qui couchent avec moi, je ne sais pas s’ils sont malades ou pas. Jusqu’à présent je ne suis pas marié à cause de ça », raconte cette victime.

Pour Maitre Elisabeth Rabésandratana, avocat sur la liste des conseils de la CPI, il est très difficile de parler aux femmes, qui sont victimes d’agression sexuelle et plaide pour que justice lui soit rendue à ces victimes. « Quand c’est une personne qui est isolée, c’est plus facile pour elle de parler. Mais c’est quand même très compliqué. Or on sait très bien qu’il y a des rapports qui ont été établis et qu’il y a eu énormément de violences sexuelles et de violences contre les femmes. Donc c’est ça aussi qu’il faut dénoncer, il faut les auteurs de ces actes-là sachent que ce sont des criminels contre l’humanité », a-t-elle déclaré.

Après l’audition de ces victimes, les avocats vont déposer les plaintes au niveau de la CPI en leurs noms. La Cour, conformément à sa compétence que sont les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide et crimes d’agression va décider au cours de l’audience de confirmation de charge prévue pour le 18 juin prochain si les charge retenue contre ces présumés sont suffisantes ou non.

Abba André Dieudonné N’Djamena Radio Oméga.

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