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Côte d’Ivoire : la surprise Ouattara

Le chef de l’Etat ivoirien a surpris plus d’un observateur dans son message à la nation à l’occasion du 58e anniversaire de la Côte d’Ivoire.

Le président Ouattara était attendu. Il n’a pas déçu les attentes. Ou du moins, il a tenu un discours à la mesure des attentes des Ivoiriens et de la communauté internationale. Annonce forte : Une ordonnance portant amnistie de 800 prisonniers politiques de la crise post-électorale d’avril 2011. Simone Ehivet Gbagbo, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat ivoirien est élargie en même temps que l’ancien ministre de La Défense, Lida Kouassi et l’ancien ministre de la Construction, Assoa Adou pour les plus connus côté Front populaire ivoirien ainsi que le responsable du protocole du président du parlement, Souleymane Kamagaté alias Soûl to Soûl.
Le président ivoirien s’était toujours refusé à considérer toutes ses personnalités et les anonymes détenus en prison depuis 2011 et pour certains sans jugement, comme des prisonniers politiques.

La classe politique ivoirienne dans son ensemble a salué chaleureusement cette mesure de décrispation. L’on a ainsi vu les partisans du président Laurent Gbagbo Laurent danser au domicile de celui que les militants du FPI appellent « le gardien du temple » Sangaré Abou Dramane. Les premières réactions des populations, une fois la surprise passée, est la joie. Certains ne manquent pas de s’interroger sur le virage à 360 degrés d’un

Président qui était jusqu’à une date récente, resté fermé à toute concession sur la libération des prisonniers. Il estimait que la Justice ivoirienne faisait son travail. Un cadre du parti du président Ouattara explique la nouvelle posture du chef de l’Etat ivoirien par les pressions ouvertes de la communauté internationale.

Dans un rapport confidentiel de l’UE qui a fuité, les diplomates n’ont pas manqué de dénoncer l’attitude du régime d’Abidjan fermé à toute discussion sur les questions préoccupantes de la Côte d’Ivoire. Notamment, le dialogue politique, l’amnistie des prisonniers, la crise politique au sein du groupement au pouvoir, la corruption mais aussi la recomposition de la commission électorale indépendante qui crispe les relations entre le pouvoir et l’opposition.

À deux ans de la présidentielle, les observateurs et diplomates s’inquiétaient du futur de la Côte d’Ivoire.

Le président Ouattara a pris en compte les angoisses et propositions des Ivoiriens et de leurs amis. Amnistie de 800 prisonniers en dehors des militaires convaincus de crimes de sang et instructions fermes au gouvernement à l’effet de revoir la recomposition de la commission électorale indépendante. « Pour des élections inclusives, transparentes ouvertes à tous ceux qui souhaitent être candidats ».

Un bol d’oxygène pour un pays qui vivait depuis plusieurs mois, dans la fièvre et les peurs de 2020.

Fernand Dédeh, Abidjan, Radio Oméga

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