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FESPACO : «Akasha », hymne à l’amour en zone de guerre

Parmi les longs métrages en compétition pour l’Etalon d’or, « Akasha » du Soudanais Hajooj Kuka, ou « rafle » en français. C’est le portrait d’une jeunesse enrôlée de force par les rebelles dans une guerre qui ne la concerne pas. Elise Cannuel vous propose son regard critique.

Laquelle aime-t-il le plus ? Sa copine, la belle Lina, à qui il a promis le mariage, ou sa kalachnikov qu’il a décorée de bijoux, qu’il pommade, qu’il a appelée Nancy ? Le jeune Adnan, combattant rebelle soudanais, dit qu’il est un héros et qu’il sait se battre. Il a même abattu un drone, dit-il. Mais à la faveur de la saison des pluies, il goûte à la douceur de la vie et de l’amour. Quel choix fera-t-il ? Le spectateur comprend assez rapidement que la guerre, ce n’est pas son truc. Adnan oublie son arme dans la chambre de Lina ainsi que la ceinture de son pantalon d’uniforme et fuit. Le héros de guerre passera le début de l’histoire à remonter son pantalon sur ses fesses. Puis, avec son ami Absi, un pacifiste, il se déguise en femme pour passer inaperçu. Difficile de partir à la guerre dans ces conditions. « Akasha », c’est la jeunesse soudanaise qui, entre deux raids de l’armée, ne demande qu’à profiter de la vie, écouter de la musique, se saper et séduire les filles. Et on court avec ces jeunes lorsque la caméra les filme en train d’éviter les bombes. Les chefs des rebelles eux-mêmes sont finalement bien sympathiques : ils plaisantent, jouent aux échecs et ne vont pas bien loin avec leurs véhicules embourbés et ensablés. Ils finissent par faire la fête durant un mariage : l’un danse avec une femme, l’autre porte en bandoulière, en guise d’arme, un instrument de musique. Après une expérience mystique au fond d’une grotte qui lui fait voir la beauté du monde, Adnan cherche à reconquérir le cœur de Lina la belle, jalouse de Nancy la kalachnikov. Pas d’images de mort, pas de sang dans ce film, on sort de la salle avec des couleurs plein les yeux, celles des pagnes et des bijoux de Lina, les mélodies d’Absi en tête et dans la bouche le goût du thé que les personnages aiment très sucré. « Je ne comprends rien à cette guerre ! », s’exclamera finalement Adnan… Et on souhaite, avec lui, que cette guerre cesse.

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